Boycott des produits français : Bruno Le Maire dénonce des menaces « inacceptables »

DIPLOMATIE Il a affirmé que le gouvernement soutiendrait les entreprises face aux menaces de boycott

20 Minutes avec AFP

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Boycott des produits français: des menaces
Boycott des produits français: des menaces — Jacques Witt/SIPA

« Les pratiques de boycott sont inacceptables », a dénoncé le ministre de l’Economie Bruno Le Maire lundi à l’Assemblée alors que plusieurs pays du Moyen-Orient et en Turquie ont appelé à bouder les produits français, après l’intervention d’Emmanuel Macron sur la publication des  caricatures de Mahomet.

« Elles le sont encore plus quand elles répondent à une politique qui ne vise qu’à défendre la liberté et la liberté d'expression. La France n’attaque personne, ne cible personne, la France défend ses valeurs et elle défend la liberté », a-t-il martelé. « Nous soutiendrons les entreprises face aux menaces de boycott dont elles font l’objet », a-t-il insisté, en marge de l’examen du plan de relance à l’Assemblée. « Je voudrais remercier l’Union européenne, la Commission européenne et tous les Etats européens de leur soutien sans faille dans ce combat », a-t-il conclu sur ce point.

« Résister au chantage »

Le président Recep Tayyip Erdogan a appelé lundi les Turcs à boycotter les produits français, accusant Emmanuel Macron de mener une « campagne de haine » contre les musulmans, des déclarations susceptibles d’attiser les tensions entre Ankara et Paris. Des manifestations et appels au boycott des produits français ont eu lieu dans plusieurs pays du Moyen-Orient et sur les réseaux sociaux, en réaction aux propos du président Macron promettant que la France continuerait de défendre les caricatures comme celles du prophète Mahomet, lors de l’hommage à Samuel Paty, professeur décapité dans un attentat pour avoir montré ces dessins en classe.

Le président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux a appelé lundi les entreprises françaises à « résister au chantage et malheureusement à subir ce boycott » des produits français. Interrogé sur la radio RMC, le patron des patrons a estimé qu’il fallait « faire passer nos principes avant la possibilité de développer nos affaires ».