Des Pakistanais ont manifesté lundi 26 octobre 2020 contre contre la publication de caricatures du prophète Mahomet en France, qu'ils jugent blasphématoires.
Des Pakistanais ont manifesté lundi 26 octobre 2020 contre contre la publication de caricatures du prophète Mahomet en France, qu'ils jugent blasphématoires. — Muhammad Sajjad/AP/SIPA

RELIGION

Pakistan : L’ambassadeur de France convoqué par Islamabad au sujet des caricatures religieuses

Le pays entend se plaindre de la « campagne islamophobe systématique » du président Emmanuel Macron

L’ambassadeur de France a été convoqué par Islamabad « pour faire part des préoccupations du Pakistan concernant la campagne islamophobe systématique sous couvert de la liberté d’expression » dans l’Hexagone, a déclaré Zahid Hafeez Chaudhri, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères pakistanais.

Cette convocation intervient alors que de petites manifestations contre la France se sont tenues ce même jour au Pakistan. Le Premier ministre Imran Khan avait accusé dimanche le Président français d'« attaquer l’islam », après que celui-ci a défendu la liberté de publier des caricatures religieuses en France.

Le blasphème au Pakistan peut entraîner assassinats et lynchages

Mercredi, Emmanuel Macron avait affirmé que la France ne renoncerait pas « aux caricatures », y compris celles du prophète Mahomet, lors d’un hommage au professeur Samuel Paty, récemment décapité après en avoir montré certaines à ses élèves. Le blasphème est une question incendiaire au Pakistan, où même des allégations non prouvées d’offense à l’Islam peuvent entraîner assassinats et lynchages.

« Le président Macron aurait pu jouer l’apaisement », avait tweeté dimanche Imran Khan, ex-champion de cricket et playboy, qui se présente désormais comme un musulman très pieux. « Il est regrettable qu’il ait choisi d’encourager l’islamophobie en s’attaquant à l’islam plutôt qu’aux terroristes qui pratiquent la violence, qu’il s’agisse de musulmans, de tenants de la suprématie blanche ou d’idéologues nazis », avait-il poursuivi.

Boycott des produits français

Dimanche, le Premier ministre pakistanais avait également annoncé avoir écrit au PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, pour lui demander de bloquer les contenus islamophobes, après que la plateforme a annoncé mi-octobre qu’elle interdirait les contenus niant l’Holocauste. « Compte tenu de la diffamation récurrente des musulmans sur les réseaux sociaux, je vous demanderais d’interdire l’islamophobie et la haine contre l’islam sur Facebook, comme vous l’avez fait pour l’Holocauste », avait-il écrit.

Un représentant de Facebook a déclaré lundi que l’entreprise était contre « toutes les formes de haine, y compris la haine envers la communauté musulmane ». Quelques dizaines de personnes se sont rassemblées lundi dans plusieurs grandes villes pakistanaises, notamment à Quetta (Sud-Ouest) et Peshawar (Nord-Ouest). Les manifestants ont exigé un boycott des produits français et les chefs religieux ont appelé à des manifestations plus importantes vendredi. A Lahore (Est), un drapeau tricolore a été brûlé.