Pour Jean-Luc Mélenchon, Emmanuel Macron « a totalement perdu le contrôle de la situation » avec Erdogan

DIPLOMATIE Ce week-end, Recep Tayyip Erdogan a remis en question « la santé mentale » d’Emmanuel Macron en raison de son attitude envers les musulmans

20 Minutes avec AFP

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Jean-Luc Mélenchon au Cabaret sauvage, à Paris.
Jean-Luc Mélenchon au Cabaret sauvage, à Paris. — CEDRIC BUFKENS/SIPA

Jean-Luc Mélenchon n’apportera pas son soutien à Emmanuel Macron face aux attaques personnelles du président turc Recep Tayyip Erdogan. Le leader de la France insoumise estime que le président a « totalement perdu le contrôle de la situation ».

La France a rappelé à Paris son ambassadeur à Ankara après que le président turc a dit publiquement douter de « la santé mentale » de son homologue français qu’il accuse d’être « antimusulmans ». Interrogé sur France Inter sur son soutien à Emmanuel Macron dans cette affaire, le député des Bouches-du-Rhône a répondu : « Je l’ai fait à plusieurs reprises de le soutenir, je ne le ferai plus parce que le mieux que je puisse faire, c’est de me taire ».

« Il n’a rien prévu »

« Quand nous avons été bombardés en Syrie, quand nous avons été menacés en Libye, on lui a dit sur tous les tons qu’il était temps de poser le problème de savoir pourquoi nous sommes alliés dans l’OTAN avec quelqu’un qui nous bombarde ou qui nous menace, il n’a rien fait et il n’a rien prévu », a-t-il continué.

Jean-Luc Mélenchon avait notamment interpellé le Premier ministre Edouard Philippe à l’Assemblée nationale le 15 octobre 2019 après l’invasion de la Syrie par la Turquie pour y combattre les Kurdes. « Hier soir, le président, pour des raisons qu’aucun d’entre nous n’arrive à comprendre, s’est répandu en une série de tweets (…), il a totalement perdu le contrôle de la situation », a-t-il critiqué.

Accusé d'« islamo-gauchisme »

Le président Emmanuel Macron, en butte à une nouvelle controverse avec la Turquie et à un appel au boycott des produits français dans le monde arabe, après ses récents propos sur l’islam, dans le contexte des hommages à la mémoire de Samuel Paty, a diffusé dimanche soir plusieurs tweets affirmant ses valeurs et soulignant notamment son rejet des « discours de haine ».

« Je suppose qu’il ne veut pas de mon appui puisqu’il a donné l’ordre que l’on nous charge comme islamistes de gauche ou je ne sais pas quoi, islamo-gauchistes », a accusé Jean-Luc Mélenchon. « Le président de la République, au lieu de venir maintenant mendier des soutiens, ferait bien de réfléchir à quelle va être sa stratégie : la France est abaissée, humiliée et ridiculisée, qu’est-ce qu’il compte faire, à part des tweets ? », a-t-il demandé.

Jean-Luc Mélenchon s’en est également pris à Jean-Michel Blanquer qui l’avait attaqué dimanche sur son supposé « islamo-gauchisme » dans le JDD. Il l’a accusé d’être « un ennemi de l’Education nationale publique » et de « favoriser des organisations d’écoles confessionnelles ». « L’Education nationale doit soutenir les profs au lieu de les tenir en laisse et de vouloir les suspecter tout le temps de ne pas faire leur boulot », a-t-il ajouté.