Régionales 2021 : Jean-Louis Debré chargé de réfléchir à l’éventuel report

SCRUTIN L’ancien président du Conseil constitutionnel sera chargé de « conduire une analyse juridique et pratique de la situation et de faire des propositions »

20 Minutes avec AFP

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Jean-Louis Debré, le 23 septembre dernier à l'Assemblée nationale
Jean-Louis Debré, le 23 septembre dernier à l'Assemblée nationale — J.E.E/SIPA

Jean Castex a confié ce mercredi à Jean-Louis Debré, ancien président du Conseil constitutionnel, la mission de réfléchir à un éventuel report, pour cause de crise sanitaire liée à la propagation du  coronavirus, des élections régionales et départementales prévues en mars 2021 et réclamé par plusieurs personnalités politiques.

Jean-Louis Debré sera chargé de « conduire une analyse juridique et pratique de la situation et de faire des propositions après avoir consulté largement l’ensemble des parties prenantes », a indiqué le Premier ministre après avoir reçu les présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat, les présidents des groupes parlementaires et les chefs des principaux partis politiques.

Décision d’ici début 2021

« Des responsables politiques ont exprimé leur crainte que le risque sanitaire ne rende impossible la tenue d’une campagne électorale dans des conditions apaisées. Le gouvernement a déjà annoncé qu’un processus serait mis en place pour évaluer la nécessité d’un report des scrutins », a rappelé Jean Castex.

Le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal avait annoncé la semaine dernière la création d’une commission chargée d’étudier un éventuel report des élections départementales et régionales, alors que l’épidémie de Covid-19 progresse de manière inquiétante sur tout le territoire. La décision finale doit être prise avant le début de la campagne officielle, soit « à la fin de l’année, début d’année 2021 », avait-il précisé.

« Ne pas revivre le fiasco des municipales »

Le président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand, a fait part ce mercredi de son souhait de reporter les élections régionales. A la sortie de la réunion de Matignon, le président des Républicains, Christian Jacob, a rappelé que la décision du report des élections revenait au gouvernement « à la lumière de la concertation » menée par la mission présidée par Jean-Louis Debré. « Soit il y a des risques sanitaires et là c’est un cadre qui pourrait justifier un report. Mais, si on peut utiliser librement les moyens de transport, aller travailler, faire ses courses, la démocratie doit être respectée également », a-t-il toutefois souligné.

Pour sa part, le numéro deux de LFI Adrien Quatennens a souhaité avant tout « ne pas revivre le fiasco des élections municipales ». « Soit il y a la possibilité d’une campagne puisque dans une campagne il faut de la controverse, soit il n’y a pas de campagne possible et il ne faut pas tenir l’élection », a-t-il prévenu.

Lors des élections municipales, dont le premier tour avait eu lieu en mars, en pleine épidémie, avant un report du second tour fin juin, « on avait dit que puisqu’on peut aller acheter sa baguette de pain, on peut donc aller voter. Certes. Sauf qu’une élection, ce n’est pas que le jour du scrutin : c’est une campagne électorale, du porte à porte, des réunions publiques, des débats », a fait valoir Richard Ferrand sur BFMTV et RMC.