Gérald Darmanin « choqué » par les rayons de « cuisine communautaire » dans les supermarchés

EPICIER Néanmoins, pour le ministre de l’Intérieur, on peut continuer à acheter casher ou halal dans les magasins spécialisés

Rachel Garrat-Valcarcel

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Gérald Darmanin, le ministre de l'Intérieur, pas dans un supermarché.
Gérald Darmanin, le ministre de l'Intérieur, pas dans un supermarché. — Stephane Lemouton-POOL/SIPA

C’est peu de dire que l’avis donné par le ministre de l’Intérieur, mardi soir, sur BFMTV, a surpris. Gérald Darmanin s’est, en effet, dit « choqué » par la présence de rayons de « cuisine communautaire » dans les supermarchés « généralistes ». « C’est mon opinion, c’est comme ça que ça commence, le communautarisme », a dit le ministre, ajoutant que toutes ses opinions ne devenaient pas des lois.

« Quand on vend des vêtements communautaires, peut-être qu’on a une petite responsabilité dans le communautarisme » : Gérald Darmanin a semblé vouloir s’en prendre à la responsabilité de grandes entreprises françaises, voire à des banques susceptibles de prêter à des associations « communautaires ». Une manière, d’après lui, de ne pas concentrer la critique sur les services publics, dont l’absence dans certains quartiers est régulièrement visée.

Flatter « quelques bas instincts »

Le ministre de l’Intérieur n’est néanmoins pas contre que chacun ou chacune puisse acheter ses aliments casher ou halal, il semble ne pas vouloir que ça puisse se faire dans des enseignes « généralistes ». Pour Darmanin, les patrons doivent ainsi participer à « la lutte contre le séparatisme » : « Il y a des gens dans la société civile des gens qui doivent comprendre que c’est pas parce qu’on a des parts de marché en flattant quelques bas instincts qu’on a rendu service au bien commun. »

Visiblement, les « bas instincts » peuvent tout de même s’exprimer dans les magasins… communautaires : « Qu’on aille dans un hypermarché halal ou casher pour acheter des produits, chacun peut le faire », a précisé le ministre de l’Intérieur, qui appelle le capitalisme à plus de patriotisme, « de temps en temps ».

« Nous sommes en guerre »

Mais Gérald Darmanin ne s’est pas contenté d’une critique des rayons de « cuisine communautaire », mardi soir, sur BFMTV. Il a aussi parlé terrorisme. Interrogé sur le risque d’un nouvel attentat en France, il a fait valoir que « la question n’est pas de savoir s’il y aura un attentat, mais quand ». « Les attentats sont faits de manière imprévisible », a-t-il souligné, en rappelant que l’attaque au hachoir, il y a trois semaines devant les anciens locaux de Charlie hebdo, avait été commise par un Pakistanais qui n’était pas connu des services.

S’agissant de l’assassinat de Samuel Paty vendredi, Gérald Darmanin a jugé que « pour la première fois », « l’islam politique a [vait] mené directement à un attentat ». « Quand on fait le procès de Charlie Hebdo, quand on republie les caricatures [de Mahomet], oui, des gens ne l’acceptent pas […]. Nous sommes en guerre, il faut accepter qu’il puisse y avoir des attentats », a-t-il dit.

Interrogé sur l’expulsion d’étrangers radicalisés et notamment celles de Tchétchènes, le ministre a annoncé avoir demandé à rencontrer son homologue russe « ce week-end » pour évoquer ce sujet. Ce déplacement n’est pas encore arrêté définitivement, a-t-il dit. L’assassin de Samuel Paty, Abdullakh Anzoro, était un réfugié d’origine russe tchétchène de 18 ans.