Marseille : L'opposition s'interroge sur l'avenir de Michèle Rubirola et dénonce « une tambouille politique »

POLITIQUE Un article du Monde alimente les rumeurs sur une éventuelle démission de Michèle Rubirola avant la fin de son mandat 

Mathilde Ceilles

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La maire de Marseille Michèle Rubirola
La maire de Marseille Michèle Rubirola — CLEMENT MAHOUDEAU / AFP
  • Un article du Monde publié ce mercredi alimente les rumeurs sur une éventuelle démission de la maire de Marseille avant la fin de son mandat
  • Après un mois de convalescence et d'absence, Michèle Rubirola, qui a déjà confié durant la campagne ses réticences à être candidate, évite la question pour son retour médiatique.
  • Ses opposants politiques réclament un positionnement clair. 

Au quatrième étage d’un immeuble de la Canebière, dans les locaux discrets du Centre ressource Marseille, une vingtaine de personnes entoure Michèle Rubirola. Quelques notes à la main, sans protocole, sans estrade, la maire de la deuxième ville de France prend la parole en médecin​, parle du cancer qui frappe les couples, de son attachement aux questions de santé publique. Cette sortie médiatique dans le cadre de l’opération Octobre Rose est la première de l’édile EELV depuis un mois.

La maire avait disparu des radars depuis la mi septembre, laissant sa place, au sens figuré comme au sens propre lors du conseil municipal, à son premier adjoint, le socialiste Benoît Payan. Celui-là même qui avait décidé de ne pas être tête de liste du Printemps marseillais devant les réticences de Jean-Luc Mélenchon vis-à-vis de sa candidature. Et voilà qu’à peine élue, Michèle Rubirola, la candidate consensus au sein du Printemps marseillais qui n’avait aucune ambition d’être maire, se met pour plusieurs semaines en retrait de la vie politique marseillaise, le temps d’une convalescence après une importante opération chirurgicale, jusqu’à ce mercredi.

Remous à la mairie

« On prendra les questions uniquement sur Octobre Rose », prévient l’attachée presse de la mairie aux nombreux journalistes présents. Tout le monde ou presque ici a lu l’article qui fait la une du Monde. Un article qui révèle les doutes de la maire sur sa volonté d’exercer son mandat jusqu’au bout, et ses questionnements sur ses capacités à exercer cette fonction. « Tu es au courant que je ne reste que trois mois », aurait ainsi confié l’édile à un potentiel candidat au poste de directeur de cabinet, selon nos confrères.

Un article qui a fait le tour des réseaux sociaux… et des couloirs de la mairie. « Plusieurs personnes sont venues m’interpeller sur cet article-là, reconnaît un adjoint au maire sous couvert d’anonymat. Je n’ai pas eu le temps de le lire, mais je vais le faire, car visiblement, il crée des remous… »

« Carpe Diem »

La fin de la visite a sonné dans les locaux du Centre ressource Marseille. Le petit groupe de journalistes entoure l’édile. « Comment ça va, Madame la maire ? » Michèle Rubirola élude et se veut rassurante. L’attachée de presse insiste : « On est là pour parler d’Octobre Rose ». Quelques minutes plus tard, un confrère tente : « Madame la maire, vous êtes de retour aujourd’hui. Est-ce qu’on peut compter sur vous pour les six ans qui viennent ? »

Michèle Rubirola tente une pirouette sur le ton de l’humour. « Ecoutez, à moins que je meure demain… Je dis "ici et maintenant". Carpe Diem. Si demain, je me fais écraser je ne serais pas là. Si je ne me fais pas écraser, je serais toujours là. »

« On ne sait pas si elle sera là demain »

« Si elle répond "Carpe Diem", ce n’est pas très rassurant, souffle Stéphane Ravier, président RN du conseil municipal. Elle devrait plutôt répondre qu’elle a été élue pour un mandat de six ans et qu’elle assumera cette responsabilité que lui ont confiée les Marseillais, au lieu de leur faire subir une éventuelle démission. Marseille a besoin de quelqu’un qui donne un cap, et on a plutôt quelqu’un qui navigue à vue. Le slogan de Michèle Rubirola, c’était « Rubirola est là », mais on ne sait pas si elle sera là demain… »

« Il ne faudrait pas que tout ceci soit de la tambouille politique orchestrée de longue date, s’inquiète Catherine Pila, chef de file du groupe LR au conseil municipale Si elle fait le choix de ne plus être maire, ce serait trahir ses électeurs. » « Mais cette situation n’est pas étonnante, affirme Stéphane Ravier. On sait très bien qu’elle n’avait pas prévu d’être maire. »

« Certains [du Printemps marseillais] étaient là pour être tête de liste, confiait en effet Michèle Rubirola à 20 Minutes dans une interview publiée durant l’entre-deux tours. Moi, non. J’étais là pour participer. Être adjointe à la santé, moi, j’étais plutôt partie pour ça. »