Coronavirus : EELV et PCF estiment que l’annonce d’un couvre-feu marquerait l’échec du gouvernement

BONNE NUIT Les oppositions s’en donnent à cœur joie avant l’interview d’Emmanuel Macron, mercredi soir

20 Minutes avec AFP
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Julien Bayou est le chef d'EELV.
Julien Bayou est le chef d'EELV. — LUDOVIC MARIN / AFP

Mettre en place des couvre-feux dans les grandes métropoles les plus touchées par le regain d’épidémie de Covid-19 entérinerait l'« échec » de l’exécutif à l’endiguer, ont estimé mercredi les patrons d’EELV Julien Bayou et du PCF Fabien Roussel. Emmanuel Macron pourrait annoncer mercredi à 19 h 55, dans un entretien sur TF1 et France 2, des couvre-feux qui devraient surtout toucher les grandes villes où l’épidémie s’emballe.

Sur Public Sénat, en rappelant que la mission d’évaluation mandatée par Emmanuel Macron, Julien Bayou a pointé des « défauts manifestes d’anticipation, de préparation et de gestion » de la crise sanitaire. Il s’est aussi interrogé sur les moyens de le « faire respecter » dans des villes de banlieue où les effectifs de policiers sont insuffisants. « C’est pour ça que je demande de la cohérence, et qu’on commence par désengorger les transports en commun », qui ressemblent « parfois à des bétaillères à virus, des clusters roulants », a poursuivi le secrétaire national d’EELV, en réclamant « des navettes rapides directes aux heures de pointe », à l’image des « coronapistes » créées pour les vélos au moment du confinement.

Couvre-feu compliqué à faire respecter pour Taché

Le secrétaire national du PCF Fabien Roussel a également plaidé, sur BFMTV et RMC, pour plus de « cohérence » et de « transparence ». Pour lui aussi, « si ce soir il devait être annoncé un couvre-feu, ce serait un constat d’échec », alors que dans le même temps « nos hôpitaux sont toujours en manque de lits et de moyens humains » et que les Français continuent de « s’entasser dans les métros, les RER, les TER » pour aller travailler. Ils sont selon lui « prêts à accepter encore beaucoup de choses » pour lutter contre le virus, mais « pourquoi n’a-t-on pas mis en place beaucoup plus le télétravail depuis la rentrée » notamment, ce qui aurait permis d’éviter « aujourd’hui des mesures coercitives ».

Pour le député Ecologie, Démocratie et Solidarité Aurélien Taché, qui a souhaité sur Sud Radio que les entreprises soient contraintes d’appliquer le télétravail, il serait « très compliqué » de « faire respecter » des couvre-feux. A droite, le secrétaire général des Républicains Aurélien Pradié a estimé que dans un contexte de crise sanitaire, toute décision du gouvernement doit être « soutenue », mais les « décisions brutales qui risquent de devoir être prises sont la conséquence du manque de stratégie de ce gouvernement », a-t-il accusé.