La France insoumise : Derrière Mélenchon, le parti veut montrer que le débat est possible

AGORA Régulièrement accusée de ne pas laisser la base s’exprimer, la direction du parti a organisé samedi un débat animé par 100 militants tirés au sort

20 Minutes avec AFP

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Jean-Luc Mélenchon le 21 août 2020 (illustration).
Jean-Luc Mélenchon le 21 août 2020 (illustration). — Alain ROBERT/SIPA

La France insoumise veut montrer que 2020 ne sera pas pour elle comme 2018 et 2019. Ces années-là en effet, de nombreux militants et cadres du parti avaient claqué la porte en dénonçant l’impossibilité d’infléchir le discours décidé par un petit cercle autour de Jean-Luc Mélenchon. Pour montrer qu’un dialogue est possible, LFI a donc organisé samedi au Cabaret sauvage, à Paris, son « agora » à l’approche de la présidentielle.

Le parti EELV représenté

L’évènement a consisté à confier les rênes du débat à 100 militants tirés au sort qui, après une matinée à plancher par petits groupes sur le sujet de l’écologie, ont adressé plusieurs salves de questions aux invités, dont l’eurodéputé EELV Damien Carême, la porte-parole d’Attac Aurélie Trouvé, la philosophe Catherine Larrère, l’ancienne tête de liste de Génération écologie aux élections Dominique Bourg, l’économiste Henri Sterdyniak et la députée LFI Aurélie Panot. Réimpliquer les militants après la morosité de la crise interne et des déceptions des élections européennes et municipales est crucial pour LFI, et en premier lieu pour Jean-Luc Mélenchon qui devrait déclarer sa candidature à l’élection présidentielle cet automne.

« Ce sont des moments de mise en mouvement, de mise en responsabilité », a expliqué l’organisatrice de l'« agora », Sarah Legrain. « On veut éviter le risque de sédimentation et de hiérarchisation avec lequel ce sont toujours les mêmes qui sont dans les réunions », a-t-elle ajouté. Pour elle, « le dispositif permet à la fois une ouverture avec les invités et la réflexion des Insoumis. On veut un mouvement de gens qui pensent, à l’inverse d’un mouvement de gens qui ânonneraient ».

Les idées avant la victoire

Les dirigeants du mouvement ont montré leur satisfaction d’un tel débat. « Vous en connaissez beaucoup, des instances politiques qui organisent ce genre d’événements ? », s’est ainsi exclamé le coordinateur du mouvement Adrien Quatennens. « Bien sûr c’est important de gagner des élections, mais c’est surtout important de faire gagner des idées ; plus nous serons précis, plus nous serons exigeants et compris », a pour sa part lancé Jean-Luc Mélenchon dans un discours en conclusion. « Il existe un trou de souris pour nous en 2022, nous n’avons aucune excuse pour perdre une minute (…) et nous devons préparer dès maintenant ce qu’est exactement la planification écologique », a clamé le chef Insoumis.

Son long discours rappelait ses deux précédentes campagnes présidentielles, préfigurant peut-être celle qu’il pourrait mener dès les prochains mois. Le potentiel candidat est crédité d’entre 11 et 15 % des intentions de vote selon les scénarios à gauche, dans un sondage Ifop de dimanche dernier.