Marseille : Crèches, douches publiques, fin des animaux dans les cirques... La nouvelle municipalité s'ancre clairement à gauche

POLITIQUE A travers des mesures symboliques et d’autres mettant clairement en cause la politique menée par l’ancien maire LR Jean-Claude Gaudin, la nouvelle municipalité de gauche cherche clairement à incarner une rupture

Mathilde Ceilles
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Le conseil municipal était exceptionnellement présidé par le premier adjoint Benoît Payan
Le conseil municipal était exceptionnellement présidé par le premier adjoint Benoît Payan — Mathilde Ceilles / 20 Minutes
  • Le conseil municipal de Marseille se réunissait ce lundi.
  • Il s’agissait du premier conseil où la gauche nouvellement élue présentait ses premières mesures.
  • Des mesures à la fois symboliques, comme la fin des animaux dans les cirques, mais aussi d’autres en opposition à la politique menée par Jean-Claude Gaudin.

Virage à gauche en vue. Ce lundi, à l’occasion du troisième conseil municipal, ​la nouvelle majorité municipale de Marseille, issue de la coalition de gauche dite du Printemps marseillais, a voulu marquer sa patte, trois mois après l’élection de l’écologiste Michèle Rubirola à la tête de la ville.

Et qu’importe si sa chef de file n’a pas pu présider le conseil, pour raisons de santé, remplacée sur le perchoir par son premier adjoint Benoît Payan comme le prévoit la loi. « Elle devrait rapidement revenir au milieu de semaine, affirme Joël Canicave. Elle va mieux et on espère qu’elle va être complètement opérationnelle la semaine prochaine. Bien sûr qu’elle nous manque, mais nous sommes avant tout une équipe et un groupe. »

Incarner la rupture

Après un premier conseil municipal d’élection du maire, et un second de transition, la nouvelle majorité a saisi l’opportunité de cette séance quelque peu houleuse pour incarner la rupture avec les 25 ans de règne de Jean-Claude Gaudin et donner, selon les termes du président de groupe Joël Canicave, « les orientations du mandat ».

Attribution plus transparente de places en crèche, emploi d’une centaine de policiers municipaux, création de bains douches publics à destination des plus démunis, fin de la privatisation de la villa Valmer… Aucune des critiques de l’opposition de gauche de jadis qui ont éclaboussé le bilan de l’ancien maire de Marseille ne semblait avoir été oubliée dans l’ordre du jour de ce conseil long de huit heures.

Politique de « bobos » ou de « quinoa »

Le conseil a également adopté une série de mesures symboliques visant à incarner le renouveau écologiste à la tête de la ville, à l’image du « vœu » d’interdire les animaux dans les cirques qui souhaiteraient faire escale dans la deuxième ville de France. « Un arrêté devrait suivre », promet au perchoir Benoît Payan après avoir dénoncé « une forme d’esclavagisme moderne ».

Une politique vivement critiquée par l’opposition de droite, qui y voit tantôt, selon le RN, une politique de « bobos » dans la volonté de développer le vélo par la nouvelle majorité, ou un gadget « quinoa » pour le maire LR de secteur Lionel Royer-Perreault, au détour d’un rapport visant à créer une assemblée citoyenne pour plus de démocratie participative.

« Vous avez perdu »

« Comment finance-t-on cette phosphorescence intellectuelle ?, s’interroge celui qui avait un temps candidaté à la mairie de Marseille. Au bout de ces 90 jours, on aurait pu espérer des mesures fortes. On a du mal à les avoir ! C’est une désillusion, une supercherie du Printemps marseillais »

« Vous venez de voir après 90 jours que vous avez perdu, persifle Benoît Payan. En effet, ça a changé. C’est un chemin différent qui a été pris. » Un gouffre entre droite et gauche résumé en une phrase de Clemenceau, citée par Julien Ruas, ancien adjoint de Jean-Claude Gaudin, alors qu’il tentait de rendre hommage à l’ancienne adjointe aux écoles : « En politique, on succède à des imbéciles et on est remplacé par des incapables. »