Nouvelle-Calédonie : Le non à l’indépendance l’emporte avec 53,26% des voix

VOTE Il y a deux ans, le non l'avait emporté à 56,7%, contre 43,3% pour le oui

20 Minutes avec AFP

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Un deuxième référendum était organisé en Nouvelle-Calédonie ce dimanche
Un deuxième référendum était organisé en Nouvelle-Calédonie ce dimanche — Job Nicolas/Sipa

Une deuxièle victoire du non, mais plus courte. Le nouveau référendum en Nouvelle-Calédonie s’est achevé sur la victoire du non à l'indépendance avec 53,26 % des voix. Ce chiffre est en recul par rapport au précédent scrutin de 2018 qui avait donné 56,7 au camp du non. Près de 180.598 électeurs de cet archipel français, colonisé en 1853, étaient invités à répondre à la question : «voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ?».

« Marque de confiance dans la République »

Emmanuel Macron a dit accueillir la victoire du non à l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie lors du référendum d’autodétermination dimanche « avec un profond sentiment de reconnaissance » et d'« humilité » lors d’une allocution solennelle à l’Elysée.

« Les électeurs se sont exprimés, ils ont majoritairement confirmé leur souhait de maintenir la Nouvelle-Calédonie dans la France. En tant que chef de l’État, j’accueille cette marque de confiance dans la République avec un profond sentiment de reconnaissance. J’accueille également ses résultats avec humilité », a déclaré le président de la République.

Concerts de klaxon dans la journée

Dans les rues de Nouméa et dans les quartiers populaires à majorité kanak, les indépendantistes ont largement manifesté toute la journée leur enthousiasme pour cette élection par des concerts de klaxons et des défilés de drapeaux.

Dans ce territoire à 18.000 km de Paris, qui représente l’un des derniers bastions de souveraineté européenne dans la zone après le Brexit, il a fallu parfois plusieurs heures de queue pour glisser son bulletin dans l’urne.

C’était le cas notamment dans un bureau de vote du quartier populaire kanak de Montravel, au nord de Nouméa. «Je suis arrivée à 8 h 30 et il est 11 h 00, on n’est pas rentré encore, mais pour la dignité du pays, on attend», explique Chanié, Kanak originaire de Lifou, en robe orange et coiffe en feuille de maïs. «Mon choix c’est + Oui +, parce que je veux que ceux qui vont diriger notre pays, ce soient nos enfants, et plus la France».

Partage du pouvoir

Ce référendum, comme le premier, s’inscrit dans un processus de décolonisation entamé en 1988 par les accords de Matignon, signés par l’indépendantiste kanak Jean-Marie Tjibaou et le loyaliste Jacques Lafleur, après plusieurs années de quasi-guerre civile entre Kanaks, peuple premier, et Caldoches, d’origine européenne.

Ces affrontements avaient culminé avec la prise d’otages et l’assaut de la grotte d’Ouvéa en mai 1988 (25 morts).

Ces accords, consolidés dix ans plus tard par l’accord de Nouméa, ont institué un rééquilibrage économique et géographique en faveur des Kanaks et un partage du pouvoir politique, même si les inégalités sociales restent importantes.