Projet de loi sur les « séparatismes » : Qu’a annoncé Emmanuel Macron ?

REPUBLIQUE Le président de la République se trouvait aux Mureaux ce vendredi pour donner sa vision sur cette fameuse question des « séparatismes »

R. G.-V. avec AFP

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Emmanuel Macron aux Mureaux, ce vendredi.
Emmanuel Macron aux Mureaux, ce vendredi. — LUDOVIC MARIN / POOL / AFP

Le projet de loi, qui sera présenté le 9 décembre prochain en Conseil des ministres, doit « renforcer la laïcité ». Emmanuel Macron dévoilait ce vendredi son plan d’action pour mieux protéger la République contre les « séparatismes », principalement celui de l’islamisme radical, un dossier sur lequel il est taxé d’inaction par la droite et l’extrême droite. Accompagné de six ministres, le chef de l’Etat a choisi de faire son discours aux Mureaux (Yvelines), une ville de 30.000 habitants à une quarantaine de kilomètres de Paris, souvent donnée en exemple pour ses initiatives en faveur du « vivre ensemble ».

Emmanuel Macron a décidé de centrer son discours sur « les séparatismes » sur « le séparatisme islamiste », sur l’islamisme radical qui « conduit à se séparer de la République ». Il s’agit donc de lutter contre « les dérives de certains au nom de la religion », a-t-il indiqué. Le président de la République a décrit une crise globale de l’islam mais a aussi noté que la République avait créé les conditions du séparatisme islamiste, en ghettoïsant les populations suivant leurs origines : « Sur nos reculs, nos lâchetés, ils ont construit, méthodiquement, leur projet. » 20 Minutes fait le point sur les principales annonces du Président.

Les services publics

Le projet de loi qui sera présenté le 9 décembre devrait étendre l’obligation de neutralité des agents des services publics aux salariés des entreprises privées délégataires de services publics. Cela concerne particulièrement les entreprises de transports publics. Emmanuel Macron a fait référence à des conducteurs ou contrôleurs qui demandaient de pouvoir porter un signe religieux ou des cas où ces personnes ont refusé de faire rentrer dans un bus des femmes en raison de leurs vêtements. On ne sait néanmoins pas si cela concerne les écoles privées sous contrat.

Les associations

Le président de la République a décrit les associations comme des « piliers du pacte républicain ». Les associations qui demandent des subventions publiques devront signer des « contrats de laïcité ». Les motifs de dissolution des associations, jusque-là « très limités », seront par ailleurs « étendus » pour comprendre l'« atteinte à la dignité de la personne » ou les « pressions psychologiques ou physiques », a-t-il ajouté, jugeant « assez logique que celles et ceux qui portent ce projet de séparatisme islamiste aient investi le champ associatif » qu’ils ont identifié comme « l’espace le plus efficace pour diffuser leurs idées ».

L’école

Au sujet de l’école, qu’Emmanuel Macron dit vouloir absolument protéger, le chef de l’Etat indique que l’instruction scolaire à domicile sera « strictement limitée » à des impératifs de santé. Cela concerne 50.000 élèves, soit 0,5 % du total. Il estime pourtant que cette possibilité est trop détournée par certaines familles qui ne voudraient pas voir leurs enfants aller dans des écoles mixtes. Aussi l’instruction sera obligatoire dès 3 ans. « Les écoles hors contrat feront l’objet d’un contrôle renforcé. »

L’islam de France

Plus globalement, Emmanuel Macron a exclu de faire un « concordat » avec la religion musulmane mais veut « construire un islam des Lumières » qui « libérera l’islam en France des influences étrangères ». Le président de la République affirme aussi faire confiance au Conseil français du culte musulman pour faire respecter une nouvelle charte de respect des lois de la République auprès des imams.

Le pluriel du mot « séparatismes »

Interrogé, le chef de l’Etat a assumé s’être concentré sur l’islamisme radical dans son discours mais a aussi expliqué que les autres séparatismes, qualifiés de « plus minoritaires », seront aussi abordés dans le projet de loi qui sera présenté début décembre.