Bordeaux : Malgré les « cicatrices et les blessures », Nicolas Florian remonte sur le ring et attaque le nouveau maire Pierre Hurmic

POLITIQUE L’ex-maire de Bordeaux a tenu ce lundi sa première conférence de presse en tant que chef de file de l’opposition de la droite et du centre

Mickaël Bosredon

— 

Nicolas Florian, à Bordeaux le 28 septembre 2020
Nicolas Florian, à Bordeaux le 28 septembre 2020 — Mickaël Bosredon/20 Minutes
  • Nicolas Florian a dénoncé « une nouvelle équipe municipale qui improvise ».
  • Il accuse le nouveau maire Pierre Hurmic de « dogmatisme » et d’avoir « des postures militantes ».
  • Il reconnaît que le choc a été dur le 28 juin, mais assure que « nous ouvrons une nouvelle ère de notre action ».

La date est « symbolique. » Trois mois jour pour jour après la défaite du 28 juin, Nicolas Florian (LR) tenait ce lundi sa première conférence de presse en tant que chef de file de l’opposition. Entouré de Nicolas Pereira, Marik Fetouh, Béatrice Sabouret, Fabien Robert, Géraldine Amouroux, et Guillaume Chaban-Delmas, qui formeront une partie des dix membres du groupe Bordeaux Ensemble au conseil municipal, il a notamment voulu dresser en cette veille de conseil municipal, un premier point sur l’action de la nouvelle majorité. « Donner les bons et les mauvais points » au nouveau maire Pierre Hurmic.

Il y a eu bien entendu beaucoup plus de mauvais que de bons. « C’est une nouvelle équipe municipale qui improvise, et nous pourrions lister un certain nombre de décisions prises à l’emporte-pièce, sans préparation, sans concertation », attaque l’ancien maire de Bordeaux.

« La publicité du projet municipal avant les élections était un peu mensongère »

Il « leur accorde tout de même quelques circonstances atténuantes : ils viennent de prendre leurs responsabilités. » « Mais enfin quand même, poursuit-il, il y a eu des décisions de rupture, et c’est peut-être la première fois dans l’histoire municipale bordelaise que l’on a un tel clivage entre la majorité, et le reste du conseil municipal, avec des décisions empreintes de dogmatisme, un maire qui a des postures militantes, plus que de gestionnaire. »

Nicolas Florian continue à égratigner « une politique assez illisible », avec « des atermoiements. Je ne parle pas de reculade, mais des fois j’ai l’impression que la publicité du projet municipal avant les élections, était un peu mensongère. Ils ont vendu des orientations qui aujourd’hui font du surplace : un coup c’est sur la voiture, on ne sait pas bien si elle est ou pas la bienvenue en centre-ville, après c’est sur le stationnement, on n’a toujours pas bien compris ce qui allait se passer avec ce projet de tarification sur le revenu, ce qui n’est pas légal… »

« On attend avec curiosité de voir le premier permis de construire "zéro artificialisation" »

Il poursuit sur le stade de Bordeaux, les Girondins, l’urbanisme, la politique du logement. « Sur l’urbanisme, y’aura-t-il un moratoire ou pas ? On attend aussi avec impatience et curiosité, de voir le premier permis de construire "zéro artificialisation". » Et son ex-premier adjoint Fabien Robert de souligner que « 70 permis de construire ont déjà été délivrés depuis le mois de juillet » par la nouvelle majorité.

Sur la sécurité, « le seul point où nous sommes d’accord, c’est qu’il faut augmenter les effectifs, sinon il y a de vraies fractures. On avait souhaité la vidéoprotection, aujourd’hui on nous dit que ça ne sert à rien. Sur l’armement de la police municipale, j’avais annoncé un véritable débat en conseil municipal, aujourd’hui c’est évacué d’un trait de plume. »

« On sent plus ce que le maire ne veut pas faire, que ce qu’il veut faire »

Fabien Robert se dit pour sa part « frappé par le manque de vision. Après 25 années d’opposition, on imaginait que tout de suite il y aurait des actes assez frappants. Je ne sens pas ce souffle. On sent plus ce que le maire ne veut pas faire, que ce qu’il veut faire. Le candidat-maire campe un peu dans son costume d’opposant, c’est très net. »

Et rien sur la polémique du sapin de Noël ? Bien sûr que si, même si Nicolas Florian n’a pas souhaité démarrer par le sujet qui agite Bordeaux depuis une quinzaine de jours. « Au-delà de la motivation qui pousse à cette décision hâtive, derrière il y a une pétition qui s’organise, et la première réaction du maire est de dire : "je m’assois dessus, ce ne sont que des fachos et des cathos" », dénonce l’opposant.

« On n’est pas au purgatoire »

Le groupe Bordeaux Ensemble entend donc jouer son rôle d’opposant au conseil municipal, bien évidemment, et aussi préparer l’après. « Nous voulons proposer un projet d’alternance pour 2026, annonce Nicolas Florian. On a bien conscience que les cinq ans qui sont devant nous seront de longues années, mais on n’est pas au purgatoire. »

Le candidat battu reconnaît que « le choc a été dur le 28 juin, pour moi comme pour tous ceux qui m’accompagnaient », qu’il y a « encore quelques cicatrices et quelques blessures » mais qu’aujourd’hui « nous ouvrons une nouvelle ère de notre action. » « 2026, c’est lointain, mais c’est maintenant que l’on fixe les bases d’une alternance future. Je forme le vœu que nous n’attendions pas 25 ans comme cela a été le cas pour notre maire actuel… »