Sénatoriales 2020 : Les grands électeurs votent ce dimanche pour renouveler 50 % du Sénat

CHAMBRE HAUTE Les équilibres politiques au Sénat devraient peu bouger

R. G.-V. avec AFP

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L'hémicycle du Sénat, lors de la déclaration de politique générale de Jean Castex.
L'hémicycle du Sénat, lors de la déclaration de politique générale de Jean Castex. — Jacques Witt/SIPA

Le scrutin pour les sénatoriales est ouvert depuis 08h30 ce dimanche en métropole : quelque 87.000 grands électeurs sont appelés aux urnes pour renouveler la moitié du Sénat, soit 172 sièges sur 348. Cette élection devrait être marquée par une percée verte, ce qui pourrait permettre la constitution d’un groupe écologiste, mais l’équilibre des forces politiques à la chambre haute, où la droite est majoritaire depuis 2014, devrait rester stable.

Le Sénat est renouvelé par moitié tous les trois ans. Cette année sont concernés les élus de 58 départements de métropole compris entre l’Ain et l’Indre et entre le Bas-Rhin et le Territoire de Belfort, hors Ile-de-France. Outre-mer, sont aussi renouvelés les sénateurs de la Guyane et de 4 collectivités (Wallis et Futuna, Saint-Barthélemy, Saint-Martin, Polynésie française). Dans les départements à scrutin majoritaire (où sont élus un ou deux sénateurs), les grands électeurs votent à la préfecture de 08h30 à 11h00 pour le premier tour puis, en cas de second tour, de 15h30 à 17h30. Dans les départements les plus peuplés, avec au moins trois sénateurs, la représentation proportionnelle s’applique, avec un scrutin ouvert de 08h30 à 17h30.

Projections mais prudence

Chacun des groupes qui composent aujourd’hui le Sénat a fait ses projections, mais la prudence reste de mise. Les chefs de file des deux grandes composantes de la majorité, Bruno Retailleau (Les Républicains) et Hervé Marseille (centriste) tablent sur le maintien de la configuration politique actuelle. Dimanche soir, « nous aurons une vision globale, mais pas le détail de la composition des groupes », prévient Hervé Marseille. C’est toute la complexité du Sénat, où les étiquettes politiques passent parfois après les combinaisons de terrain.

A gauche, « les simulations laissent entendre que le groupe PS (2e du Sénat avec 71 sièges, dont 35 renouvelables, ndlr) restera au même niveau », indique son président Patrick Kanner. La surprise annoncée devrait donc venir des écologistes. Avec cinq nouveaux élus, ce qui semble faisable sur le papier, qui s’ajouteraient à un « noyau » de cinq sénateurs déjà en place – les écologistes Esther Benbassa, Guillaume Gontard, Ronan Dantec, Joël Labbé et Sophie Taillé-Polian de Générations – le compte serait bon pour la création d’un groupe. Mais un peu « juste », reconnaît Ronan Dantec.

Profil bas pour LREM et RN

Contrairement à 2017, La République en marche, faiblement représentée au Sénat (23 sénateurs dont dix renouvelables), fait profil bas. Le patron du groupe François Patriat est lui-même menacé en Côte-d’Or. Au palais du Luxembourg, LREM se fixe maintenant un objectif de recomposition à plus long terme, confie l’entourage de Sébastien Lecornu. Le groupe CRCE à majorité communiste n’a que 3 sénateurs renouvelables sur 16, il est assuré de son maintien. Quant au RN, il risque de perdre son seul sénateur, Stéphane Ravier.

Le vote est obligatoire pour les grands électeurs, sous peine d’une amende de 100 euros. Les représentants des communes constituent 95 % du collège électoral. Votent également députés et sénateurs de la circonscription, conseillers régionaux et conseillers départementaux. Les sénateurs sont élus pour un mandat de six ans.