Sénatoriales 2020 : Qui sont les têtes d'affiche du scrutin de dimanche ?

HAUTE ASSEMBLEE 172 sièges de sénateurs seront remis en jeu dimanche, dans 63 départements

Laure Cometti

— 

Stéphane Ravier (RN), Sébastien Lecornu (LREM), Bruno Retailleau (LR) et Marie-Arlette Carlotti (PS) ont un point commun : ils sont candidats aux élections sénatoriales du 27 septembre 2020.
Stéphane Ravier (RN), Sébastien Lecornu (LREM), Bruno Retailleau (LR) et Marie-Arlette Carlotti (PS) ont un point commun : ils sont candidats aux élections sénatoriales du 27 septembre 2020. — SIPA
  • Tous les trois ans, la moitié des sièges du Sénat est remise en jeu, lors d’un vote où seuls de grands électeurs s’expriment.
  • Dimanche 27 septembre, 1.449 candidats devront être départagés pour pourvoir 172 sièges.
  • Parmi eux, quelques têtes d’affiche briguent un mandat au Palais du Luxembourg, dont deux ex-LR nommés au gouvernement, un macroniste en danger, un cador de droite ambitieux, une socialiste bien placée pour l’emporter, et un frontiste qui tente de sauver le seul siège de sénateur détenu par le RN.

Ils sont 1.449 pour 172 fauteuils. Les élections sénatoriales prévues dimanche 27 septembre doivent pourvoir la moitié de la Chambre haute, dominée par la droite. Parmi les candidats, on retrouve quelques personnalités politiques. Revue de détail.

Sébastien Lecornu dans l’Eure

Vous ne le connaissez peut-être pas, mais cet ancien LR âgé de seulement 34 ans ambitionne d’être élu sénateur LREM dans l’Eure. Malgré son agenda de ministre des Outre-Mer, Sébastien Lecornu mène une campagne active et peut compter sur le soutien de l’ex Premier ministre Edouard Philippe, qui l’a accompagné mercredi en meeting.

L’ancien ministre chargé des Collectivités locales a été élu dès le premier tour des municipales à Vernon, dans le même département. Sa liste, composée notamment de sénateurs sortants de droite, a de bonnes chances de l’emporter. S’il est élu dimanche, Sébastien Lecornu devrait, comme pour les municipales, choisir de conserver son portefeuille ministériel et laisser son numéro 2 siéger. Mais ce scrutin pourrait être une étape vers la présidence de la région Normandie, actuellement détenue par le centriste Hervé Morin.

Jean-Baptiste Lemoyne dans l’Yonne

Candidat malheureux à l’investiture à Biarritz lors des municipales, le secrétaire d’Etat au tourisme est de retour dans l’ Yonne, dont il fut sénateur de 2014 à 2017. Jean-Baptiste Lemoyne est lui aussi issu de la droite, et il affronte notamment deux candidats UDI. En cas de victoire, il a déjà annoncé qu’il laisserait son mandat à sa suppléante, Marie Evrard.

François Patriat dans la Côte d’Or

Le président du groupe LREM au Sénat joue gros, et il le sait. « Ils veulent ma peau ! », nous dit-il, conscient d’être une cible pour la gauche comme pour la droite. Sénateur de la Côte-d’Or depuis 2008, d’abord sous pavillon socialiste, puis macroniste, le septuagénaire mène une campagne tambour battant pour déjouer les pronostics. « J’ai fait 13.000 km et rendu visite à plus de 600 communes », revendique-t-il fièrement. Dans le département, trois sièges sont à pourvoir à la proportionnelle. La droite devrait en conserver deux et le troisième sera disputé entre François Patriat et la socialiste Colette Popard, une proche du maire de Dijon, François Rebsamen, soutenue par une bonne part des élus de l’agglomération.

S’il parvient à sauver son siège, une autre mission périlleuse l’attend : agrandir le groupe LREM à la Chambre haute (23 sièges actuellement), probablement en tentant de recruter des sénateurs centristes, puisque le parti présidentiel ne devrait pas conquérir beaucoup de nouveaux sièges.

Bruno Retailleau en Vendée

Le président du groupe LR, qui domine le Sénat avec 144 sièges, brigue un troisième mandat dans son fief vendéen. S’il parvient à se faire réélire, Bruno Retailleau, candidat déjà déclaré à une éventuelle primaire de la droite, se verra conforté dans sa position de présidentiable. Il le sera encore plus s’il parvient à agrandir son groupe en emportant quelques sièges de plus.

Car LR a beau être le premier groupe à la Chambre haute, le parti n’a pas la majorité absolue. Son chef de file mise sur la stabilité de son nombre d’élus, de quoi permettre à Gérard Larcher, dont le siège n’est pas en jeu dimanche, d’être tranquillement reconduit à la présidence du Sénat.

Marie-Arlette Carlotti dans les Bouches-du-Rhône

Comme lors des municipales à Marseille, la gauche présente une liste d’union pour les sénatoriales, avec le PS, le PCF et EELV, même s’il n’y a pas eu d’accord national entre les partis. Marie-Arlette Carlotti, figure historique du socialisme dans la cité phocéenne et ancienne ministre de François Hollande, y figure en deuxième position, derrière le secrétaire départemental du PCF Jérémy Bacchi. L’union de la gauche pourrait permettre à la candidate socialiste d’obtenir un siège dans ce département où le scrutin se joue à la proportionnelle. Mais elle sera concurrencée par une autre liste de gauche, celle de Jean-Noël Guérini, ancien homme fort du Parti socialiste local, renvoyé devant le tribunal correctionnel pour « prise illégale d’intérêts ».

Stéphane Ravier dans les Bouches-du-Rhône

En 2014, Stéphane Ravier était l’un des deux premiers frontistes à être élus au Sénat, avec David Rachline, avant que ce dernier quitte la Chambre haute en raison de la loi sur le non-cumul des mandats, préférant être maire de Fréjus.

Après la perte de la mairie du 7e secteur de Marseille, qu’il avait laissée en 2017 à sa nièce, Sandrine D’Angio, le siège de Stéphane Ravier est menacé. Quant à celui de David Rachline, il avait été confié en 2017 à la numéro 2 de la liste frontiste, Claudine Kaufmann. Mais elle a quitté le parti en 2018 et rejoint le mouvement de Nicolas Dupont Aignan Debout la France.