Coronavirus : Olivier Véran remonte au front ce jeudi pour informer les Français

EPIDEMIE La France a enregistré près de 10.000 nouveaux cas de Covid-19 dans les dernières 24 heures, un niveau record depuis le lancement des tests à grande échelle

20 Minutes avec AFP

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Olivier Véran, ministre de la Santé, le 11 août à Montpellier.
Olivier Véran, ministre de la Santé, le 11 août à Montpellier. — Alain ROBERT/SIPA/SIPA

Face au rebond de l’épidémie de Covid-19, le gouvernement prépare les esprits à un durcissement des contraintes sanitaires dans plusieurs grandes villes de France. Et c’est à Olivier Véran que revient la charge d’annoncer ce jeudi les mauvaises nouvelles. A 17h, le ministre de la Santé va tenir une conférence de presse, qui sera ensuite hebdomadaire, pour défendre et détailler la politique du gouvernement, afin de contrer le scepticisme actuel de la population sur sa stratégie.

Il faut dire que la situation sanitaire inquiète. Près de 10.000 nouveaux cas de contamination ont été enregistrés dans les dernières vingt-quatre heures, tout près du niveau record depuis le lancement des tests à grande échelle dans le pays, a annoncé mercredi Santé Publique France. Et 46 malades du Covid sont décédés à l’hôpital contre 37 la veille.

Les Français doivent « s’accrocher » avant « des jours meilleurs »

Olivier Véran fera « une présentation claire pédagogique de la stratégie » du gouvernement « pour vivre avec le virus », a expliqué le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal à l’issue d’un conseil des ministres de nouveau dominé par la gestion de la pandémie. « Toute la transparence » sera donnée « sur les chiffres » des contaminations, « département par département », a assuré Emmanuel Macron, qui a de nouveau prévenu que le virus allait continuer à sévir « pendant des mois » en France. Le chef de l’Etat a d’ailleurs encouragé les Français à « s’accrocher » avant « des jours meilleurs », après avoir assisté, masqué, à la 17e étape du Tour de France, à Méribel.

« Toute la transparence » sera donnée « sur les chiffres » des contaminations, « département par département », a assuré Emmanuel Macron, qui a de nouveau prévenu que le virus allait continuer à sévir « pendant des mois » en France. « Il tourne de plus en plus vite dans certains départements, ce qui conduit le gouvernement à durcir un peu les règles », a-t-il ajouté, encourageant les Français à « s’accrocher » avant « des jours meilleurs », après avoir assisté, masqué, à la 17e étape du Tour de France, à Méribel (Savoie).

« On voit les indices se dégrader »

Parmi les métropoles où des contraintes pourraient être annoncées figure Lyon, le département du Rhône présentant un taux d’incidence de 168 cas pour 100.000, le deuxième plus important de la métropole après les Bouches-du-Rhône. A Toulouse, première ville à imposer le port du masque, le maire LR Jean-Luc Moudenc juge inéluctable un renforcement des mesures sanitaires. « On voit les indices se dégrader, donc, on ne peut pas rester les bras croisés, on a le devoir d’aller plus loin, on y travaille. On doit se prononcer sur la prolongation (du port du masque) et des compléments de mesures », a-t-il dit mercredi lors d’une conférence de presse.

Des tests « antigéniques » pour accélérer la détection des cas

Globalement, la France voit se multiplier le nombre de cas et d’hospitalisations. Près de 8.000 nouveaux cas ont encore été enregistrés lundi. Et sur les sept derniers jours, 2.713 malades ont été hospitalisés et 479 admis en réanimation. Le gouvernement doit répondre non seulement à ce rebond mais aussi surmonter la méfiance croissante de la population. Près d’un Français sur deux trouve que l’exécutif ne prend « pas assez de précautions » et 62 % ne lui font « pas confiance » pour lutter contre l’épidémie, 6 points de plus que fin août, révèle un sondage Elabe pour BFMTV. Parmi les points critiqués figure l’application Stopcovid qui, a reconnu Gabriel Attal, n’a « pas trouvé son public », avec moins de 3 millions de téléchargements.

La priorité aux tests pour ceux qui ont l’application, évoquée dans la presse, n’est « pas à l’ordre du jour », a-t-il par ailleurs ajouté. Pour accélérer la détection des cas, le gouvernement vient d’autoriser les tests rapides « antigéniques ». La rentrée scolaire et universitaire reste à hauts risques. 81 établissements scolaires et un peu plus de 2.100 classes ont été fermés depuis début septembre. Mais cela ne représente que « 0,13 % » des quelque « 60.000 établissements scolaires du pays », a souligné le ministre de l’Education Jean-Michel Blanquer, qui relève environ « 1.200 nouveaux cas d’élèves par rapport à la semaine précédente ».

Des mesures restrictives déjà mises en place dans certains départements

En application de la nouvelle stratégie « territorialisée », toute mesure anti-Covid nouvelle sera annoncée sur place par le préfet, après concertation avec les élus locaux, afin d’éviter les accusations de décisions verticales prises depuis Paris. L’Etat gardera ses pouvoirs exceptionnels de restriction des rassemblements et des déplacements, le Conseil des ministres ayant adopté mercredi un projet de loi qui prolonge ces autorisations de six mois, jusqu’en avril 2021.

« Compte tenu de la situation sanitaire, il est nécessaire d’anticiper et de nous donner tous les outils pour continuer à combattre l’épidémie », a expliqué Gabriel Attal. C’est ce dispositif qui a permis d’annoncer lundi des mesures plus contraignantes dans les Bouches-du-Rhône, le Nord et la Gironde, qui portent sur l’interdiction des soirées dansantes dans les bars ou des fêtes étudiantes, de la suspension des sorties scolaires ou de la limitation des rassemblements dans les parcs et les plages.