Marion Maréchal prend ses distances avec Marine Le Pen

DIVORCE Marion Maréchal a quitté la politique électorale depuis l’échec de sa tante à la présidentielle de 2017 pour diriger une école de sciences politiques à Lyon

20 Minutes avec AFP

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Marion Maréchal-Lepen.
Marion Maréchal-Lepen. — Alain ROBERT/SIPA

Si le Rassemblement national espérait la compter parmi ses soutiens pour 2022, c’est raté. Marion Maréchal a pris nettement ses distances avec sa tante et candidate Marine Le Pen, ce mardi, s’exposant aux critiques de son ancien parti.

Pour la prochaine présidentielle de 2022, Marine Le Pen, la présidente et candidate du RN « ne peut pas gagner seule » et doit faire un « effort d’ouverture » vers les déçus de LR, a estimé l’ancienne députée RN, ce mardi sur BFMTV et RMC.

« Impossible de prédire l’affiche du second tour » pour Marion Maréchal

L’ancienne élue du Vaucluse semble revenir dans le débat politique à l’occasion d’une rentrée très médiatique, même si elle a redit qu’à ce jour, elle n’avait pas « envie du tout » de briguer l’Elysée ou de se présenter à un quelconque scrutin. Marion Maréchal a quitté la politique électorale depuis l’échec de sa tante à la présidentielle de 2017 pour diriger une école de sciences politiques à Lyon et mener une « bataille culturelle » des idées. La petite-fille du cofondateur du parti Jean-Marie Le Pen s’est aussi éloignée du RN, n’ayant pas repris sa carte cette année.

Pour autant, elle ne « compte pas (se) mettre au service d’un candidat » à la présidentielle, y compris sa tante, et juge « impossible de prédire l’affiche du second tour », alors que Marine Le Pen est donnée au second tour selon de récents sondages. Une distanciation qui ne l’empêche pas de prodiguer des conseils à chaque interview. Elle suggère au RN de construire des « passerelles » vers les Républicains qui ne souhaitent pas de rapprochement avec Emmanuel Macron, et aux déçus de LR de créer une « espèce de mouvement » pour la présidentielle.

« Cet effort de rassemblement et d’ouverture, on n’a pas attendu Marion »

Marion Maréchal assure ne pas être « en guerre » contre le RN mais elle n’a pas digéré la mise à l’écart de plusieurs de ses proches au sein de la commission nationale d’investiture du RN, dénonçant une « espèce de tendance, un peu stalinienne » d’élus pour qui « "tu dois tout au parti et le parti ne te doit rien" ». De quoi faire froncer les sourcils au RN, où plusieurs dirigeants l’ont invité à reprendre le « combat électoral ». « Il n’y a ni croisade, ni chapelle au Rassemblement national », a assuré dimanche Marine Le Pen, en l’invitant revenir « travailler avec » le RN. « Il faut participer au débat des idées mais il faut aussi se coller à la chose électorale et au plus près des habitants », a renchéri mardi sur BFMTV le maire RN de Perpignan Louis Aliot.

« Le "non-choix", l’absence de choix à la future élection présidentielle est quelque chose de dramatique parce que c’est considérer qu’on se sent supérieur à tout le monde et qu’on laisse la présidentielle à d’autres », s’est-il indigné. « Les électeurs jugeraient durement un comportement qui vise finalement à donner des bons points ou des mauvais points sans s’engager directement ». Le maire de Perpignan, qui a fait campagne sans le logo du RN et accueilli sur sa liste des candidats extérieurs au parti, estime que « cet effort de rassemblement et d’ouverture, on n’a pas attendu Marion pour le faire ».