« Mon interlocuteur premier, c’est le président », dit François Bayrou, nouveau Haut-commissaire au plan

RELATION EXCLUSIVE C’est la fonction du chef de l’Etat de « tracer des routes vers l’avenir », dit le chef du MoDem, partenaire junior de la coalition gouvernementale

20 Minutes avec AFP

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François Bayrou a reçu le soutien appuyé d'Emmanuel Macron début janvier.
François Bayrou a reçu le soutien appuyé d'Emmanuel Macron début janvier. — GEORGES GOBET / AFP

« Mon interlocuteur premier, c’est le président » Emmanuel Macron, affirme le leader centriste François Bayrou, qui vient d’être nommé Haut-commissaire au plan. Allié d’Emmanuel Macron, François Bayrou estime dans un entretien au Journal du dimanche que c’est la fonction du chef de l’Etat de « tracer des routes vers l’avenir ». « Emmanuel Macron, je le sais, est passionné par ces sujets. La preuve en est faite ! », poursuit le chef du Modem.

« Mais je travaillerai bien sûr avec tous les responsables », tempère-t-il, interrogé pour savoir qui du Premier ministre Jean Castex, du président ou du ministre de l’Economie Bruno Le Maire serait son interlocuteur privilégié. Pour lui, « la fonction de l’exécutif, c’est de décider, de trancher, de faire des choix », mais il entend « dégager des options cohérentes » et « les proposer, chaque fois que possible, à ceux qui doivent choisir ».

« Déterminer les clefs de voûte de notre indépendance »

« Une fois pour toutes, c’est l’exécutif qui gouverne ! Mais au moins, il aura devant lui des caps, des cartes et des boussoles », estime François Bayrou. Pour lui, il faut « déterminer les clefs de voûte de notre indépendance et de notre souveraineté, à la fois française et européenne. Les médicaments ou les éléments électroniques peuvent parfaitement relever d’une souveraineté européenne concertée, réfléchie ensemble », avec des choix, dans le domaine militaire, qui seront « davantage nationaux ».

Au total, il a identifié « une quarantaine de sujets vitaux » pour lesquels il entend « ouvrir tout de suite, dès cette semaine, le travail en commun » avec les institutions concernées pour dégager des propositions. Selon lui, « c’est toutes les semaines, tous les quinze jours que les questions doivent être publiquement traitées ».

Si sa nomination début septembre a bien été décidée par le président de la République, François Bayrou se trouve de fait sous l’autorité de Jean Castex. « Rassurez-vous, elle ne m’empêche absolument pas de dormir », avait alors ironisé le Premier ministre. Au début du quinquennat, le leader centriste avait dû jeter l’éponge après trente-quatre jours au gouvernement comme garde des Sceaux en raison de l’ouverture d’une enquête préliminaire dans une affaire d’emplois présumés fictifs de son parti. Sa mise en examen le 6 décembre 2019 dans cette affaire avait semblé sonner le glas d’un retour au premier plan pour un homme longtemps présenté comme premier ministrable.