LREM fait sa rentrée et lance le chantier d’une « maison commune » pour élargir la majorité

REPORTAGE La République en marche organisait un campus de rentrée à Amiens ce vendredi

Laure Cometti

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C'est la rentrée pour Stanislas Guerini, patron du mouvement présidentiel.
C'est la rentrée pour Stanislas Guerini, patron du mouvement présidentiel. — Jacques Witt/SIPA
  • Le mouvement présidentiel a fait sa rentrée politique à Amiens (Somme), ce vendredi, avec comme nouveau mot d’ordre le « dépassement » pour bâtir une coalition.
  • François Bayrou, le président du MoDem, allié de LREM, s’est exprimé pour vanter cette « maison commune » à bâtir avec d’autres partenaires, dont le parti de centre-droit Agir.
  • Le parti d’Emmanuel Macron veut profiter de cette rentrée pour lancer une campagne de communication dans le pays, menée par des militants LREM, pour défendre l’action du gouvernement.

De notre envoyée spéciale à Amiens (Somme),

A quelques détails près, cette rentrée ressemble aux précédentes pour La République en marche. Le mouvement présidentiel organisait ce vendredi à Amiens un meeting national. On y a retrouvé les drapeaux multicolores, les spots vidéos sophistiqués pour mettre en avant des figures locales du mouvement, et la musique électro entêtante que les marcheurs affectionnent, avec en plus du gel hydroalcoolique et des masques griffés LREM, crise sanitaire oblige. Peu de choses semblent avoir changé, et pourtant la direction veut insuffler un changement, commandé par Emmanuel Macron.

Se rassembler pour gagner les scrutins de 2021… et 2022

Dans une salle chauffée à bloc par le délégué général des Jeunes avec Macron, Ambroise Méjean, Stanislas Guerini annonce aux marcheurs (environ 400 dans la salle, dont une bonne partie du gouvernement, et des centaines connectés) ce nouveau cap. « Les municipales nous ont fait payer le prix des divisions », rappelle le délégué général de LREM, derrière un pupitre affublé du slogan de la rentrée, « construire ensemble ».

C’est pour cela qu’il faut bâtir une « maison commune, à l’initiative du président de la République ». LREM et le MoDem en seront « les piliers historiques », mais cette maison sera « ouverte », et le patron des marcheurs compte bien y accueillir « Agir, le parti radical, et des associations, des élus, des think tanks [groupes de réflexion], des citoyens », beaucoup de monde donc. Le but est de « rassembler ceux qui veulent s’élever, alors que tout dans la vie partisane nous pousse à nous rabaisser », tance-t-il au sujet de ce que les macronistes appellent l’ancien monde.

Plus concrètement, tous les membres de cette coalition « prendront ensemble des décisions stratégiques pour les élections régionales et départementales », en mars 2021. Elle pourrait aussi servir de plateforme de soutien à Emmanuel Macron en vue d’une nouvelle campagne présidentielle en 2022, déjà dans l’esprit de nombreux marcheurs.

Bayrou en visioconférence depuis Pau

Comme pour répondre aux critiques contre son parti, Stanislas Guerini a aussi vanté un plan de relance composé « à un tiers » d’idées « made in En marche », comme la prime à l’embauche pour les jeunes. Une campagne militante sera lancée dans quelques jours pour remobiliser les marcheurs et convaincre les Français que « nous avons été à la hauteur de cette crise », annonce Stanislas Guerini.

A 19h38, François Bayrou apparaît sur écran géant, en chemise bleue devant sa bibliothèque. Précaution sanitaire oblige, le patron du MoDem n’est finalement pas venu à Amiens, puisqu’il a, comme Jean Castex, été en contact avec le directeur du Tour de France contaminé par le coronavirus. Lui aussi consacre son discours à cette future coalition, et l’union au sein de la majorité présidentielle. « Quand nous regardons l’avenir, quand nous parlons du présent, nous avons exactement les mêmes grilles de lecture », assure-t-il.

Retour prochain de la réforme des retraites

Le nouveau Haut-commissaire au plan met aussi en garde face aux obstacles pour créer cette future coalition. « Il faut que nous nous entendions, il faut trouver de l’estime et du respect mutuel. C’est très compliqué car partis politiques ont une tendance naturelle à entrer en concurrence ». La preuve, le groupe MoDem a récemment recruté trois nouveaux députés, issus du groupe LREM.

Jean Castex, en visioconférence à l'université de rentrée de La République en marche, le 11 septembre 2020 à Amiens.
Jean Castex, en visioconférence à l'université de rentrée de La République en marche, le 11 septembre 2020 à Amiens. - L. Cometti / 20 Minutes

Puis c’est au tour de Jean Castex de s’exprimer en visioconférence. Un pupitre et un fond spéciaux, aux couleurs du meeting LREM, ont été installés comme pour faire oublier qu’il s’exprime depuis Matignon. « Place au rassemblement », lance le nouveau chef de la majorité, alors que les députés ont élu la veille leur nouveau président, Christophe Castaner, au cours d’un scrutin très serré.

Après avoir fait le service après-vente du gouvernement, vantant le plan de relance et la gestion de crise, le Premier ministre entonne lui aussi le refrain de cette rentrée. Il fait l’éloge du « dépassement » et reprend la formule de « maison commune », appelant à « élargir » la majorité. Jean Castex confie aussi aux parlementaires les deux « chantiers essentiels » de cette rentrée parlementaire, la loi sur le grand âge et l’autonomie, et l'explosive réforme des retraites. A la fin de son discours, la Marseille puis l’Hymne à la joie résonnent dans l’auditorium, avant que ne retentisse une dernière fois le morceau d’électro.