Emmanuel Macron ironise sur « le Kamasutra de l’ensauvagement » de la presse

POSITION Le chef de l’Etat a été interrogé par des journalistes sur le mot « ensauvagement »

20 Minutes avec AFP

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Emmanuel Macron
Emmanuel Macron — WITT/SIPA

Emmanuel Macron s’est de nouveau refusé mardi à commenter l’emploi du mot «  ensauvagement​ » pour qualifier l’insécurité, qui divise son camp, et a critiqué la presse pour avoir « fait le Kamasutra de l’ensauvagement depuis 15 jours ».

« J’ai déjà répondu dix fois à ce truc-là. Ce qui m’importe ce sont les actes, pas les mots (…). Prévenir, arrêter, sanctionner, corriger et donc répondre à la réalité », a rétorqué le chef de l’Etat, interrogé par des journalistes sur le mot « ensauvagement », martelé par son ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, et critiqué par le Garde des Sceaux, Eric Dupond-Moretti.

« Ce qui m’importe, c’est le réel »

« Avec les commentaires, vous avez fait le Kamasutra de l’ensauvagement, depuis 15 jours, tous ensemble. Donc je vous laisse à votre Kamasutra. Ce qui m’importe, c’est le réel ! Demandez aux gens ! Les gens, ils n’en ont rien à faire. Ils veulent qu’on règle leurs problèmes. Et nous, on est là pour régler leurs problèmes », a poursuivi le président. Il s’exprimait en marge d’une matinée consacrée à promouvoir l’égalité à la formation et à l’emploi pour les jeunes de quartiers défavorisés.

Gérald Darmanin, qui revendique un parler-vrai, a plusieurs fois utilisé ce terme, qui rappelle celui des « sauvageons » de Jean-Pierre Chevènement il y a près de vingt ans, ou celui de « voyous », quand Nicolas Sarkozy parlait de « racaille » en 2005 à Argenteuil. Critique, Eric Dupond-Moretti a pour sa part estimé que « l’ensauvagement, c’est un mot qui (…) développe le sentiment d’insécurité ».