Jean Castex et Frédérique Vidal défendent le projet de loi sur la recherche

EFFORT Le texte arrive au Parlement cette semaine 

20 Minutes avec AFP

— 

Frédérique Vidal et Jean Castex le 7 septembre 2020.
Frédérique Vidal et Jean Castex le 7 septembre 2020. — Jacques Witt/SIPA

Le Premier ministre, Jean Castex, a défendu lundi le projet de loi sur la recherche, objet de vives critiques, avec l'objectif de la « réarmer », tandis que la ministre Frédérique Vidal assure que « rien n'est imposé » dans le texte qui arrive au Parlement cette semaine.

En visite à l'Université Paris-Saclay, Jean Castex, accompagné de la ministre de la Recherche, a dit devant la presse sa « volonté de le mettre en oeuvre et de le mettre en oeuvre rapidement ». « C'est un effort que ce gouvernement entreprend sans commune mesure depuis 1945 et la création des grands instituts de recherche », et à l'heure du plan de relance qui doit inscrire la France « dans une transformation structurelle ». « Qu'est-ce qui prépare mieux l'avenir d'un pays que la formation de ses jeunes? », a fait valoir Jean Castex.

« Ayez confiance »

Quelques manifestants ont déroulé une banderole « Recherche en danger ». « Ayez confiance. Je ne crois pas que l'inquiétude et le pessimisme soient de bons alliés », a répondu le Premier ministre à un chercheur qui lui faisait part de ses inquiétudes.

Il a dit à la presse avoir entendu à Saclay « un relatif consensus. Bien sûr il y a des critiques, des demandes d'amélioration mais il y a un véritable réarmement de la recherche française ». Il a souligné que les « efforts » de la France « paient au classement de Shanghaï », alors que quatre établissements français, dont Paris-Saclay, ont fait en août leur première apparition dans le top 100 de ce classement.

Le projet de loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR), maintes fois repoussé depuis son lancement par Edouard Philippe début 2019, promet un investissement pour la recherche française de 25 milliards d'euros sur dix ans, pour redonner du souffle à un système fragilisé.

Il débute mardi son parcours à l'Assemblée nationale par un examen en commission, avant une audition de Frédérique Vidal mercredi et son arrivée dans l'hémicycle le 21 septembre. Très attendue, la LPPR a déclenché une vague de protestation dans le monde universitaire et scientifique, qui craint l'avènement d'une recherche « sélective » et une « explosion » de la précarité.

Débat autour des chaires de professeur junior

L'une des mesures les plus polémiques, la création de chaires de professeur junior, fait notamment craindre aux maîtres de conférence d'être court-circuités dans leur carrière. Le déroulement théorique d'une carrière à l'université aboutit au poste de professeur d'université, mais déjà actuellement, peu de maîtres de conférence y parviennent.

Ces chaires visent à attirer de jeunes chercheurs non statutaires recrutés en parallèle aux recrutements statutaires et appelés à être titularisés, à terme. « J'entends ceux qui disent qu'ils ne veulent pas faire de chaires de professeur junior dans leur établissement, eh bien n'en faites pas, ne vous en servez pas ! Personne ne va vous obliger à le faire. Rien n'est imposé dans ce projet de loi. Mais n'empêchez pas les établissements qui ont demandé ces outils de se les approprier », déclare Frédérique Vidal dans Les Echos.

« La loi prévoit de créer 5.000 postes supplémentaires sur dix ans (...). Cela n'empêchera pas les recrutements traditionnels », argue la ministre. Les 25 milliards d'euros doivent être injectés dans la recherche publique par marches progressives d'augmentation, avec l'objectif qu'en 2030 le budget annuel passe de 15 à 20 milliards d'euros par an.