Justice : Départ d'une conseillère d'Eric Dupond-Moretti après deux petit jours au sein de son cabinet

JUSTICE Charlotte Bilger, ancienne juge financière au tribunal de Paris, avait mis en examen François Bayrou et plusieurs cadres du MoDem pour « complicité de détournement de fonds publics » en 2019

T.L.G.

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Eric Dupond-Moretti, ministre de la Justice.
Eric Dupond-Moretti, ministre de la Justice. — L.Marin/AFP

A-t-elle même eu le temps de déballer ses cartons ? Charlotte Bilger, nommée conseillère spéciale du ministre de la Justice le 24 août, a été remerciée… le 26 août, soit deux petits jours plus tard, rapporte Le Canard enchaîné. La magistrate, ancienne juge d’instruction au pôle financier de Paris, avait pourtant été sélectionnée par  Eric Dupond-Moretti en personne. Un passage éclair au ministère qui interroge.

Charlotte Bilger est en réalité la juge qui, en 2019, avait mis en examen François Bayrou et plusieurs cadres du MoDem pour « complicité de détournement de fonds publics » dans le dossier des emplois présumés fictifs au Parlement européen, rappelle Le Canard. L’enquête avait, en 2017, mené à la démission du président du MoDem du gouvernement, avec d’autres ministres centristes.

Un départ politique ?

Faut-il y voir un lien de cause à effet ? Le Canard s’interroge : cette affaire a-t-elle pu provoquer l’hostilité de l’actuelle directrice de cabinet du garde des Sceaux, Véronique Malbec, peu enthousiaste à l’idée d’accueillir une conseillère spéciale, ou celle du directeur adjoint de cabinet, Rémi Decout-Paolini, lui-même élu du MoDem ? L’éviction a dans tous les cas été validée par le ministre en personne. « Son recrutement envisagé n’a pas été à son terme, mais cela n’enlève rien à ses qualités », a confirmé la Chancellerie à l’hebdomadaire satirique.

L’intéressée avait pourtant renoncé à prendre la présidence de la cour d’assises de Paris en septembre, un poste prestigieux, pour rejoindre le cabinet d’Eric Dupond-Moretti. Pour Le Monde, ce départ expéditif « témoigne surtout de la marge de manœuvre très réduite dont dispose Eric Dupond-Moretti vis-à-vis de son administration ». L’ancien avocat travaille aujourd’hui avec un cabinet « dont il n’a choisi aucun membre ou presque ».