Ecologie : L’amertume de Nicolas Hulot sur son année au pouvoir

DESILLUSION Son passage au gouvernement de 2017 à 2018 s’est résumé selon lui à une succession d’arbitrages perdus

20 Minutes avec AFP

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Nicolas Hulot en 2015.
Nicolas Hulot en 2015. — Charlotte Gonthier/20 Minutes

C’est peu dire que l’exercice du pouvoir ne l’a pas convaincu. L’écologiste Nicolas Hulot tire, dans une interview jeudi à Paris Match, un bilan amer de son bref passage au gouvernement en tant que ministre de la Transition écologique d’Emmanuel Macron. En poste de 2017 à 2018, il n’a été selon lui « qu’un exécutant, submergé ».

« L’écolo de service »

« A Matignon, les énarques autour [du Premier ministre Edouard Philippe] me regardaient comme l’écolo de service. Pour eux, les éoliennes, c’étaient des moulins à vent pour les bobos », rapporte-t-il. L’ex-ministre âgé de 65 ans pointe un conservatisme et une sensibilité aux lobbys des conseillers du pouvoir : « Tous ces gens étaient bien plus jeunes que moi, mais leurs logiciels étaient parfois obsolètes. (…) J’ai vu des conseillers à l’agriculture plus rigides que la patronne de la FNSEA ».

Son passage au gouvernement, après avoir dit non successivement à Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande, s’est résumé selon lui à une succession d’arbitrages perdus : « Il faut le reconnaître, tout se joue à Matignon. Par contre, je suis responsable des non-décisions ou des mauvaises. Je n’étais qu’un exécutant, submergé. Au début, j’ai cru que je n’étais pas au niveau ou mal organisé, avant de réaliser qu’on était structurellement sous l’eau. » Et de conclure : « Quand je parlais d’une mutation sociétale, eux pensaient adaptation, moi transformation du système. C’est là l’immense malentendu : ils voulaient soigner une bronchite, moi un cancer généralisé. » Comme il l’avait laissé entendre lors de sa démission, la désillusion est donc immense.