Sécurité, régionales… Marine Le Pen et le RN font leur rentrée à Fréjus ce week-end

DE RETOUR Marine Le Pen devrait évoquer l’insécurité lors de son discours de rentrée, dimanche après-midi

T.L.G.

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Marine Le Pen.
Marine Le Pen. — Christophe ARCHAMBAULT / AFP
  • Marine Le Pen et le Rassemblement national font leur rentrée ce week-end à Fréjus, dans le Var.
  • La présidente du RN devrait évoquer « l’ensauvagement » de la société lors de son discours.
  • Les régionales et les départementales de 2021 seront également au cœur de ce rendez-vous.

Une fois de plus, le Rassemblement national fait sa rentrée ce week-end à Fréjus. « C’est devenu une habitude, remarque un élu. Les cadres aiment bien pour des raisons de confort, on est en bord de mer, il fait encore beau. C’est sympathique et facile à organiser, car la ville est détenue par David Rachline ».

Le maire RN de la commune aux 52.000 têtes a d’ailleurs été facilement réélu au premier tour des municipales de mars dernier. Ces deux jours dans le Var seront marqués par le traditionnel discours de rentrée de Marine Le Pen, mais aussi par la préparation des régionales et des départementales de 2021.

Un discours de Marine Le Pen aux accents sécuritaires

Plutôt discrète pendant l’été, Marine Le Pen prendra longuement la parole dimanche, à 15h. Pas de salle comble cette année : pour raisons sanitaires liées au coronavirus, seuls les journalistes et les cadres du parti seront présents. La présidente du mouvement ne manquera pas de dénoncer une nouvelle fois les « incohérences » et les « mensonges » de l’exécutif face à l’épidémie et de cibler Emmanuel Macron sur l’insécurité, thème marquant de cette rentrée. « Ce sera une grosse partie du discours. Marine va rappeler nos propositions et expliquer en quoi Emmanuel Macron ne protège pas les Français, ni de la menace islamiste ni de l’ensauvagement de la société et ses flambées de violences », confie l’un de ses proches.

« Ce sera le thème prédominant, mais Marine Le Pen évoquera aussi la question sanitaire et la deuxième vague, économique, qui s’annonce très dure pour les Français », ajoute Gilles Pennelle, membre du bureau exécutif du parti. La députée du Pas-de-Calais devrait aussi dérouler ses traditionnelles thématiques de campagne : localisme, protection sociale, relocalisation. Au parti, on se réjouit d’ailleurs que plusieurs de ces sujets soient au cœur de la rentrée politique.

Affirmer ses ambitions pour les scrutins régionaux et départementaux

« Marine Le Pen va faire des propositions sur l’organisation territoriale car aujourd’hui, personne ne s’y retrouve dans ce mille-feuille administratif », indique Gilles Pennelle. Les scrutins régionaux et départementaux seront ainsi évoqués. Et après des municipales en demi-teinte, le parti espère « faire basculer des régions » en mars 2021. « On a de bons espoirs dans le Nord, la Provence-Alpes-Côte d’Azur, l’Occitanie, la Bourgogne-Franche-Comté, le Grand Est, avec à chaque fois des personnalités différentes. Même si l’on sait que le mode de scrutin ne nous est pas favorable », reconnaît un cadre du mouvement.

Aux régionales de 2015, le parti n’était parvenu à faire basculer aucune région, devant affronter à plusieurs endroits des « barrages anti-FN ». « Je ne crois pas qu’il y ait de front républicain cette fois, car la gauche ne voudra pas se faire encore hara-kiri », avance Gilles Pennelle, directeur de campagne pour les élections départementales. Le Rassemblement national veut s’appuyer sur la victoire de Louis Alliot à Perpignan, ville de 120.000 habitants où le « front républicain » s’est fissuré, pour réussir, cette fois, son pari. « Notre objectif est de conquérir des régions et gagner de nombreux cantons, voire certains départements, comme l’Aisne, le Gard ou l’Hérault », poursuit Pennelle.

Une purge au sein du parti ?

Par ailleurs, au début du mois d’août, six membres de la commission d’investiture du parti ont été évincés, dont les eurodéputés Gilbert Collard et Nicolas Bay. Certains, en interne, ont dénoncé « une purge » des cadres identitaires pilotée par Marine Le Pen. « Il n’y a aucun ménage ni recentrage sur telle ou telle ligne. D’ailleurs, Julien Sanchez, qu’on dit proche d’une ligne identitaire, est toujours dans la CNI.

« Marine Le Pen souhaite que son parti fonctionne, tout simplement, répond un de ses proches. Nous devons désigner 8.000 candidats aux départementales, ça lui déplaisait de savoir que certains membres de la CNI n’étaient jamais présents ». Ménage de rentrée ou pas, le parti se met donc en ordre de bataille, avec 2022 en ligne de mire.