Parti socialiste : Le PS fait sa rentrée à Blois avec l'espoir de rassembler la gauche pour 2022

POLITIQUE « Seul le rassemblement permettra de gagner en 2022, d’empêcher un nouveau duel entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen », a affirmé Olivier Faure, le patron des socialistes

20 Minutes avec AFP

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Olivier Faure, député de Seine-et-Marne, Premier secrétaire du Parti socialiste s'est réjoui de la victoire du bloc social-écologiste.
Olivier Faure, député de Seine-et-Marne, Premier secrétaire du Parti socialiste s'est réjoui de la victoire du bloc social-écologiste. — ISA HARSIN/SIPA

Les socialistes font leur rentrée. Revigoré par ses bons résultats aux municipales, le Parti socialiste se retrouve à partir de vendredi à Blois pour trois journées de débats et de rencontres destinées à promouvoir un projet commun de la gauche en vue de la présidentielle.

Plus de 70 animations (tables rondes, débats, mais aussi concert, spectacle son et lumière…) jalonneront ces rendez-vous destinés à marquer « le premier pas » vers le retour espéré de la gauche et des écologistes au pouvoir en 2022.

«Seul le rassemblement permettra de gagner en 2022»

Olivier Faure, premier secrétaire du PS, prononcera son discours samedi après-midi. « Il faut un projet pour un Etat providentiel, social, écologique. Seul le rassemblement permettra de gagner en 2022, d’empêcher un nouveau duel entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Je ferai des propositions à Blois. Cela suppose de la lucidité. Personne ne peut gagner sans les autres », a affirmé le numéro un socialiste à l’AFP.

Jusqu’à cette année, la rentrée du parti à la rose s’effectuait à La Rochelle. Le choix de Blois, c’est à la fois la rupture avec un passé marqué par les lourdes défaites de 2017 et le symbole du rassemblement : son nouveau maire PS, Marc Gricourt, a été élu dès le premier tour lors des municipales en mars sur une liste d’union de la gauche.

Les municipales ont fait « la démonstration que, lorsque la gauche est unie, elle gagne », insiste Faure, en allusion aux alliances passées entre PS, PCF, EELV ou Générations dans de très nombreuses villes, qui ont permis au PS de conserver ou de gagner des municipalités (14 villes de plus de 100.000 habitants, 84 de plus de 20.000).

L'unité, ce n'est pas gagné

Le chemin du rassemblement apparaît toutefois escarpé. Malgré la proposition de Faure d’une rentrée commune au PS et aux Verts, reprise par le secrétaire national d’EELV Julien Bayou, c’est avec cinq autres formations écologistes, et non le PS, que le principal parti écologiste a fait sa propre rentrée la semaine dernière à Pantin, conclue par un appel à des listes communes pour les régionales de 2021.

« Nos victoires aux municipales sont un formidable appui » mais « ça reste fragile, les municipales ne sont pas la présidentielle », tempère Faure. Les Verts sont néanmoins nombreux à avoir accepté son invitation de Blois : outre M. Bayou, les députés européens David Cormand, Yannick Jadot et Karima Delli ainsi que les maires de Grenoble, Eric Piolle, et de Bordeaux, Pierre Hurmic, feront le déplacement.

« Ça va fritter »

« Mis à l’honneur » à Blois parce qu'« ils symbolisent la renaissance » du parti, les nouveaux maires PS viendront s’exprimer lors d’événements organisés dans différents endroits de la ville, pour éviter de trop fortes concentrations de personnes et respecter les consignes sanitaires dues à l’épidémie de coronavirus.

Outre le maire de Blois seront notamment présents Michaël Delafosse (Montpellier), Mathieu Hanotin (Saint-Denis), Nicolas Mayer-Rossignol (Rouen), Mathieu Klein (Nancy) ou Delphine Labails (Périgueux). Également annoncés : le responsable PCF Pierre Lacaze, les députés européens Place Publique Raphaël Glucksman et Aurore Lalucq ou encore Pierre Larrouturou (Nouvelle Donne), Clémentine Autain (LFI) et Sophie Taillé-Polian (Générations).

Ils se retrouveront lors de tables rondes, débats et autres ateliers : « Quelle école à l’heure du Covid ? », « L’opposition terrestre/non terrestre va-t-elle remplacer le clivage droite/gauche ? », « Faut-il déboulonner l’histoire ? », « Faut-il rendre obligatoire le congé paternité ? », « Comment réconcilier la nation avec les forces de l’ordre ? »…

D’autres débats s’intéresseront aux « gilets jaunes » ou à la question du « productivisme », l’une des pierres d’achoppement entre Verts et Roses. « Ça va fritter mais on veut de l’effervescence à gauche », se réjouit-on au PS.