L’indignation générale de la classe politique après les tags révisionnistes à Oradour-sur-Glane

MEMOIRE Le mot « martyr » a notamment été remplacé par « menteurs »

20 Minutes avec AFP

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Le village d'Oradour-sur-Glane.
Le village d'Oradour-sur-Glane. — GILE MICHEL

La « fermeté » face à cet acte. Une mémoire « salie ». L'« écœurement ». La classe politique dans son ensemble a condamné ce samedi les tags négationnistes découverts la veille à l’entrée des ruines du village martyr d’ Oradour-sur-Glane (Haute-Vienne), où la division SS Das Reich avait tué 642 villageois le 10 juin 1944.

Une photo prise par le Populaire du centre montre la façade du centre de la mémoire, avec le mot « martyr » rayé à la peinture blanche, une bâche bleue couvrant le reste de l’inscription. « Qu’on barre le mot martyr, qu’on mette menteur et le nom d’un révisionniste à la place, vous comprenez que nous sommes choqués », a indiqué le maire d’Oradour-sur-Glane, Philippe Lacroix.

De Mélenchon à Le Pen

Alors qu’il a promis que « tout sera fait » pour poursuivre les auteurs des tags, le chef de l’Etat « condamne avec la plus grande fermeté cet acte inqualifiable », a communiqué l’Elysée. « Souiller ce lieu de recueillement, c’est aussi salir la mémoire de nos martyrs », a regretté pour sa part le Premier ministre, Jean Castex.

Dans l’opposition, le chef de file de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, se disait « écœuré par la profanation ». « Ni oubli ni pardon », ajoute-t-il sur Twitter.

Le secrétaire national du Parti communiste, Fabien Roussel, était lui « indigné et révulsé ». « Le négationnisme est une barbarie autant que l’a été celle du nazisme. »

Le président socialiste de Nouvelle-Aquitaine, Alain Rousset, parle d’actes « indignes et lâches » dans un communiqué de presse. « Cela doit nous encourager à entretenir la mémoire de ce lieu et de son histoire avant d’autant plus de force » poursuit-il. A droite, le député LR Eric Ciotti appelle « à ne pas banaliser de tels actes et à renforcer la transmission de cette mémoire ».

Et à l’extrême droite, pour Marine Le Pen, « il serait temps de mettre un bon coup de vis pour stopper cette recrudescence d’actes qui heurtent ».

Le centre resté ouvert

Une plainte a été déposée samedi matin et une enquête est en cours. Le centre de la mémoire, qui explique aux visiteurs des ruines du village martyr – environ 300.000 personnes chaque année – le contexte du massacre, est lui resté ouvert.