Soupçons de corruption : Le domicile du ministre Olivier Dussopt perquisitionné mardi

ENQUETE Deux œuvres d’art lui avaient été offertes en 2017, lorsqu’il était maire d’Annonay (Ardèche)

20 Minutes avec AFP

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Olivier Dussopt, ministre délégué chargé des Comptes publics, en mai 2020 (illustration)
Olivier Dussopt, ministre délégué chargé des Comptes publics, en mai 2020 (illustration) — Lafargue-POOL/SIPA

Une perquisition a eu lieu mardi chez Olivier Dussopt, ministre délégué chargé des Comptes publics, selon des sources concordantes. Reconduit au gouvernement par Jean Castex en juillet, ce transfuge du Parti socialiste est visé par une enquête du parquet national financier (PNF) pour avoir reçu deux lithographies en cadeau en 2017, alors qu’il était député et maire d’Annonay (Ardèche).

Sa résidence en Ardèche a été perquisitionnée par l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (Oclciff), ont indiqué une source proche du dossier et l’entourage du ministre, confirmant une information de Mediapart. « Le parquet poursuit les vérifications qu’il souhaite faire. C’est normal et cela permettra de démontrer qu’il n’y a rien à me reprocher. J’ai restitué il y a plusieurs semaines les lithographies. Bien qu’il n’y ait rien de répréhensible, j’ai préféré les restituer pour clore cette polémique », s’est défendu Olivier Dussopt dans une déclaration à l’AFP.

Un contrat de gestion de l’eau

Cette enquête a été ouverte pour « corruption » et « prise illégale d’intérêts », selon des informations de Mediapart. L’affaire, révélée en mai, porte sur deux lithographies offertes par la Saur à Olivier Dussopt en janvier 2017 et évaluées à « un peu plus de 2.000 euros », alors qu’un contrat était sur le point d’être conclu entre sa ville et l’entreprise de gestion de l’eau.

Ce dernier, négocié depuis 2016, a été formellement signé six mois plus tard, le 1er juin 2017. En mai, Dussopt avait invoqué auprès de Mediapart un cadeau d'« ami » de Franck Meneroux, l’un des dirigeants de la Saur en Ardèche, avant de reconnaître « un cadeau de l’entreprise » offert à l’occasion d’un entretien avec ce responsable et un autre cadre de la Saur.

« Peut-être que je n’aurais pas dû »

Le secrétaire d’Etat avait alors expliqué n’avoir pas déclaré ces lithographies à la déontologue de l’Assemblée nationale – comme c’est requis pour tout cadeau de plus de 150 euros – car il « ignorait la valeur » des deux tableaux.

Cette enquête « permettra au parquet de constater qu’il n’y a rien à me reprocher et clore cet incident », avait-il réagi auprès du Parisien. « A la réflexion, peut-être que je n’aurais pas dû. C’est la raison pour laquelle j’ai restitué et déclaré ce cadeau à la déontologue de l’Assemblée nationale », a-t-il affirmé, précisant n’avoir « jamais traité les marchés publics en direct ».