Deux projets de loi et sept décrets adoptés en Conseil des ministres pour la relance

CRISE Les ministres se sont réunis exceptionnellement ce vendredi matin...

Avec agence

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Nicolas Sarkozy a nommé vendredi le secrétaire général de l'UMP Patrick Devedjian au poste de ministre en charge de veiller à l'application du plan de relance économique de 26 milliards d'euros dévoilé jeudi à Douai, a confirmé l'Elysée.
Nicolas Sarkozy a nommé vendredi le secrétaire général de l'UMP Patrick Devedjian au poste de ministre en charge de veiller à l'application du plan de relance économique de 26 milliards d'euros dévoilé jeudi à Douai, a confirmé l'Elysée. — Gérard Cerles AFP/Archives

Un conseil des ministres s'est réuni exceptionnellement ce vendredi matin, pour la deuxième fois de la semaine, afin d'adopter deux projets de loi et sept décrets contenant les mesures prévues dans le plan de relance de l'économie de 26 milliards d'euros annoncé par Nicolas Sarkozy au début du mois.

Les deux textes législatifs, un projet de loi de finances rectificative 2009 et un pour l'accélération des programmes de construction et d'investissements, seront soumis «après le 5 janvier» à l'Assemblée nationale, a annoncé le porte-parole du gouvernement Luc Chatel.

De son côté, la ministre de l'Economie, Christine Lagarde n'exclue pas un deuxième plan de relance. «S'il faut faire plus» que le plan de relance de 26 milliards d'euros, «il faudra faire plus», a-t-elle déclaré lors d'une conférence de presse à Bercy.

Gagner 1% de croissance

«On investit 26 milliards, dont 75% dans l'année qui vient. Mais nous espérons avoir un effet d'entraînement des investissements des collectivités locales, des entreprises. Et si on arrive à un effet de levier de trois, ce qui est recherché, ça fait un impact de 100 milliards sur les deux ans», a précisé le ministre en charge de ce plan, Patrick Devedjian, à l'issue du Conseil.

Son collègue du Budget Eric Woerth a pour sa part indiqué que le gouvernement espérait gagner avec son plan «de l'ordre de 1% (de croissance) puisqu'on injecte plus de 1% d'investissement et de trésorerie dans les entreprises, ou d'anticipation sur le RSA».

Patrick Devedjian avait d'ores et déjà annoncé, ce vendredi matin sur Europe 1, que le plan permettrait de «créer 150.000 emplois pour l’année 2009». «Si on réussit, ça fait 100 milliards d’impact économique», a-t-il promis. Il a précisé que «75% des 26 milliards» investis dans le plan de relance seraient dépensés dès 2009.

«On ne lit pas dans le marc de café»

«On ne peut pas dire qu'il n'y aura pas de récession, on ne lit pas dans le marc de café, mais nous nous battons», a renchéri Patrick Devedjian en réponse à une question sur les dernières prévisions de l'Insee.

Luc Chatel a par ailleurs confirmé que le plan de relance porterait de 57,6 à 79,3 milliards d'euros le déficit budgétaire de la France pour l'année 2009. «Cela ne remet absolument pas en cause l'objectif de retour à l'équilibre des comptes publics car toutes ces dépenses sont du domaine temporaire», a assuré le secrétaire d'Etat à l'Insdustrie.

Pas de plan B pour l'instant

Le porte-parole du gouvernement a également écarté pour l'heure l'hypothèse d'un deuxième plan de relance si celui adopté vendredi ne s'avérait pas suffisant, estimant que «si on préparait aujourd'hui un plan B, ça voudrait dire qu'on croit pas vraiment à la mise en oeuvre de ce plan».

Patrick Devedjian a enfin balayé les critiques de la gauche, qui estime que ce plan a oublié le soutien à la consommation. «L'investissement, ça fait du travail, le travail ça créé des salaires et les salaires ça donne de la consommation», a-t-il plaidé.