Coronavirus : Jean Castex débloque 600 millions d’euros pour les régions et poursuit l'opération réconciliation

CRISE « On va faire taire toutes nos guéguerres, toutes nos différences légitimes », a affirmé le Premier ministre

20 Minutes avec AFP

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Jean Castex lors de la signature de l'accord avec les Régions, ce jeudi à Matignon.
Jean Castex lors de la signature de l'accord avec les Régions, ce jeudi à Matignon. — Xose Bouzas-POOL

Depuis sa prise de fonction, il a multiplié les appels du pied à l’attention des territoires. Jean Castex ne voulait pas s’arrêter en si bon chemin, et a donc annoncé ce jeudi le déblocage d’une enveloppe de 600 millions d’euros à destination des régions, afin de préserver leurs capacités d’investissement après la crise du coronavirus. Le tout sachant qu’elles sont dotées d’importantes compétences en matière d’emploi, formation, transport ou encore d’économie.

Illustration de cette main tendue, le Premier ministre a déclaré avant de parapher cet accord, au côté de Renaud Muselier (LR) : « on va faire taire toutes nos guéguerres, toutes nos différences légitimes (…) pour montrer que nous savons agir dans le même sens ». Un appel entendu par le président de l’Association des régions de France : « Nous sommes très satisfaits de ce qu’on vient de signer », a abondé ce dernier, rendant un hommage appuyé à Jean Castex, avec qui il a « en quinze jours débloqué une situation très complexe que nous n’avions pas réussi à débloquer en trois ans ».

Le réchauffement en cours

Traduction ? C’était clairement moins facile avec le gouvernement précédent. Les collectivités ont en effet nourri des relations sur courant alternatif avec Edouard Philippe et Emmanuel Macron. Fin mai, les régions avaient claqué la porte d’une réunion avec le gouvernement, s’estimant oubliées d’un plan d’urgence de 4,5 milliards d’euros principalement fléché vers les communes et départements. Et Emmanuel Macron avait voulu en juin, selon des présidents de région, conditionner l’aide de l’Etat à un report des élections régionales, scénario finalement balayé par Jean Castex mi-juillet.

« Est-ce que c’est assez ? C’est jamais assez », a souri Renaud Muselier, estimant à 1,2 milliard d’euros l’impact de la crise sur les finances des régions. Mais « c’est une très bonne décision », a-t-il salué.

Une collaboration attendue sur le plan de relance

En plus de ce crédit d’investissements, les territoires ont eu la confirmation de la compensation totale de la baisse des impôts de production, décidée par l’exécutif pour stimuler la compétitivité des entreprises. Cette coupe de 20 milliards d’euros vient directement toucher les régions, qui en percevaient 7 à 10 milliards, notamment via la cotisation sur la valeur ajoutée (CVAE). « Il n’était pas question que ça vienne aggraver les difficultés financières des régions, donc nous prenons nos responsabilités », a déclaré Jean Castex.

Les régions se verront affecter une fraction équivalente de la TVA. En échange, elles s’engageront à investir massivement dans la relance, jusqu’à 20 milliards d’euros. Cela s’effectuera dans le cadre des contrats de plan Etat-Région 2021-2027, qui seront discutés entre septembre et décembre, et dont les axes forts tourneront autour de la transition écologique, la recherche, la cohésion sociale, la santé, la formation professionnelle ou encore la modernisation des infrastructures de transport.

Il est aussi demandé aux régions d’alimenter un « fonds de sauvegarde » mobilisable en cas de nouvelle crise et d’améliorer les mécanismes de péréquation entre régions. Enfin, régions et Etat ont convenus de collaborer étroitement dans la mise en œuvre du plan de relance, notamment dans les secteurs de l’automobile et de l’aéronautique et dans la mobilisation des fonds européens.