Bioéthique: Jean Castex invite les députés à garder «l'équilibre» du texte

FAMILLE Trois semaines après sa nomination, le chef du gouvernement s’est exprimé pour la première fois sur ce projet de loi sensible sur lequel planche à nouveau, depuis lundi, l’Assemblée nationale

20 Minutes avec AFP

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Le Premier ministre Jean Castex à l'Assemblée nationale le mercredi 8 juillet 2020.
Le Premier ministre Jean Castex à l'Assemblée nationale le mercredi 8 juillet 2020. — Jacques Witt/SIPA

Jean Castex a insisté mardi auprès des députés pour maintenir «l'équilibre» du projet de loi bioéthique tel qu'obtenu en première lecture, saluant déjà une «avancée majeure» quand certains élus plaident pour aller plus loin.

Une demande que le Premier ministre justifie par la « nécessité d’apaiser la société ». «La GPA (gestation pour autrui, ndlr) demeure notre ligne rouge», a encore souligné Jean Castex.

« Faire attention en voulant faire plus à ne pas arriver à faire moins »

Le Premier ministre, qui ne s'était pas encore exprimé sur ce projet de loi plus de trois semaines après sa nomination, a notamment été interpellé par le patron des députés LR Damien Abad. «On voit bien que vous êtes embarrassé», a-t-il notamment lancé à Jean Castex, issu des Républicains dont il a démissionné au début du mois.

Auparavant, le chef du gouvernement avait délivré le même message en réunion de groupe auprès des députés LREM, rappelant que «la politique, c'est de l'équilibre, c'est du compromis». «Notre devoir collectif est de faire attention en voulant faire plus à ne pas arriver à faire moins», a déclaré Jean Castex, selon des propos rapportés.

Le volet DPI-A ne passe pas chez les Républicains

En commission, les députés ont notamment autorisé le don d'ovocytes dans un couple de femmes (technique dite ROPA) et l'élargissement du diagnostic préimplantatoire à la recherche d'anomalies chromosomiques (DPI-A), deux mesures qui ne figuraient pas dans le texte voté en première lecture en octobre 2019.

Mardi, Damien Abad s'est particulièrement insurgé contre le volet sur le DPI-A. «C'est faire un premier pas vers le tri des embryons. Vous ne pouvez pas jouer à la roulette russe, aux apprentis sorciers avec les embryons. Dites nous si vous allez retirer cette mesure dangereuse et offensante», a-t-il lancé au Premier ministre.

Des conditions d’examen jugées « chaotiques »

L'Assemblée nationale planche à nouveau depuis lundi sur ce texte sensible qui ouvre la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes, et sur lequel les députés ont la liberté de vote.

Avec près de 2.300 amendements au menu et un temps législatif programmé de 25 heures, qui peut doubler dans les faits, elle siègera ce week-end si besoin, a indiqué mardi le gouvernement en conférence des présidents de l'Assemblée.

Plusieurs groupes ont dénoncé des conditions d'examen «chaotiques» (PS) et «une faute politique» dans le choix du calendrier (UDI). Annie Genevard (LR) a, elle, regretté en conférence des présidents qu'il n'y ait pas de scrutin solennel sur ce texte, à l'issue de son examen. Elle a été rejointe sur ce plan par la présidente de la commission spéciale bioéthique Agnès Firmin Le Bodo (Agir), qui a fait part de son «interrogation» sur l'absence d'un tel scrutin.