Le coeur des Français penche de plus en plus à droite, selon l'Ifop

SONDAGE Le coeur des Français penche davantage à droite qu'au début du mandat d'Emmanuel Macron, selon une étude de l'Ifop parue ce jeudi. Une tendance qui s'observe même chez les sympathisants LREM

20 Minutes avec AFP

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Assemblée nationale (Archives)
Assemblée nationale (Archives) — A. GELEBART / 20 MINUTES

Quelque 39% des Français se positionnent aujourd'hii à droite, selon une étude de l’institut de sondage Ifop parue ce jeudi. Ce chiffre est en hausse de cinq points par rapport à juin 2019, et de trois points par rapport à novembre et mars 2017.

L'Ifop a demandé aux personnes interrogées de se situer sur une échelle de 0 à 10, le chiffre 0 pour la position la plus à gauche et le 10 pour la plus à droite.

Environ 32% des Français se situent au centre (-3 points sur un an, -6 points par rapport à novembre 2017, -2 points par rapport à mars 2017). Et seulement 13% disent se situer à gauche (-3 points sur un an, -2 points par rapport à novembre 2017, -10 points sur mars 2017).

Un virage à droite...

Ces résultats tendent à montrer un virage pris à droite par les Français depuis le début du quinquennat d’Emmanuel Macron. Ainsi, en novembre 2017, les Français étaient 24% à se situer sur le chiffre 5. Au centre donc. Aujourd'hui ils ne sont plus que 15%. Ils étaient 8% à se situer au centre droit (chiffre 6) en novembre 2017, ils sont désormais 11%. Ils sont toujours 6% à se situer au centre gauche (chiffre 4).

A droite (chiffres de 7 à 10), les Français étaient 4% à se situer sur le chiffre 9 en novembre 2017, ils sont désormais 11%.

Les sympathisants du parti présidentiel LREM se sont également droitisés. Ils se situent sur le chiffre 6,7 (proche de la droite), contre 6,2 pour l'ensemble des Français, alors qu'en novembre 2017, il se situaient sur le chiffre 5,6 (proche du centre droit), contre 5,8 pour l'ensemble des Français.

« Un travail de substitution électorale » ?

Le directeur du département Opinion de l'Ifop, Jérôme Fourquet, explique dans Le Point cette droitisation par un «travail de substitution électorale», commencé après les législatives de juin 2017.

«Lorsque Emmanuel Macron a constaté que la droite, en dépit de l'affaire Fillon, avait résisté en obtenant 100 députés, elle est devenue le camp à fracturer. D'où l'enchaînement de nominations et de choix politiques», avance-t-il.

Mais «si la France est à droite, alors prenez garde, elle préférera toujours l'original à la copie», a prévenu de son côté le chef de file des députés LR Damien Abad.

Étude menée en ligne du 7 au 10 juillet auprès de 2.041 personnes représentatives de la population française âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas. Marge d'erreur de 1 à 2,2%.