Gouvernement, changements de tête à LREM... La majorité poursuit son grand chamboule-tout en vue de 2022

POLITIQUE Après le changement de Premier ministre et le remaniement, de nouveaux changements devraient voir le jour au sein du parti présidentiel et du groupe LREM à l’Assemblée

Thibaut Le Gal

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Emmanuel Macron
Emmanuel Macron — Christophe Ena/AP/SIPA
  • Emmanuel Macron a décidé de changer de Premier ministre et de gouvernement pour la fin de quinquennat.
  • Gilles Le Gendre, patron des marcheurs à l’Assemblée, a annoncé sa démission et sera remplacé en septembre.
  • Le parti LREM pourrait aussi renouveler sa direction pour préparer la réélection du chef de l’Etat.

Le chamboule-tout se poursuit. Après la débâcle aux municipales, Emmanuel Macron a décidé de changer de Premier ministre, en nommant Jean Castex à Matignon. Le chef de l’Etat a aussi remanié son gouvernement pour sortir le pays de la crise post- coronavirus et préparer la présidentielle de 2022.

Mais la « réinvention » des marcheurs ne s’arrête pas là : les noms des secrétaires d’Etat seront connus dans les prochains jours. Et des changements devraient aussi être entrepris à la direction de La République en marche et à la tête du groupe de l'Assemblée nationale d’ici la rentrée.

De nouveaux secrétaires d’Etat, dans la continuité du remaniement

Comme souvent, Emmanuel Macron prend son temps. Mais les derniers membres du gouvernement Castex pourraient être connus d'ici mardi soir. Une manière de compléter le remaniement de la semaine passée, première étape du renouvellement promis par le chef de l’Etat pour sa fin de quinquennat. « Quand le président annonce un nouveau chemin, on se doute bien que cela passe par une nouvelle impulsion, souligne Coralie Dubost, députée LREM de l’Hérault. La crise entraîne forcément des modifications au sein du gouvernement pour apporter un nouveau souffle, même si celui-ci s’inscrit pour deux tiers dans la continuité. »

De nouvelles têtes pourraient donc entrer au gouvernement. Les députés Aurore Bergé, Jean-Baptiste Moreau ou Olivia Grégoire, sont régulièrement cités. « Les nouveaux entrants seront sélectionnés pour leurs compétences, mais aussi en fonction de l’équilibre politique, le MoDem devrait ainsi être bien servi », complète Didier Paris, député de Côte-d’Or et porte-parole du groupe LREM.

Gilles Le Gendre cède sa place à la présidence des députés

Gilles Le Gendre a annoncé jeudi qu’il quitterait à la rentrée la tête du groupe LREM à l’Assemblée. « Un passage de relais s’impose qui apportera du sang neuf à la tête de notre groupe », écrit le député de Paris dans un courrier adressé aux 280 « marcheurs ». « Il a fait du bon boulot, mais je comprends qu’il y ait un besoin de renouvellement. Gilles devait être épuisé, c’est un poste extrêmement difficile où vous devez gérer les tiraillements et les ego de près de 300 parlementaires », remarque Didier Paris.

Très contesté, Gilles Le Gendre était en réalité sur un siège éjectable depuis une note explosive sur ses collègues révélée par la presse et les départs de nombreux parlementaires. Son mandat s’achèvera lors des journées parlementaires LREM des 10 et 11 septembre. L’ancien ministre de l’Ecologie François de Rugy est déjà candidat pour lui succéder, mais le nom de Christophe Castaner est aussi évoqué. « Il faut un profil expérimenté, rassembleur, plutôt au centre gauche pour donner des gages à cette partie de notre majorité. Rugy correspond au profil, Castaner peut revenir, mais d’autres ont aussi cette expérience », poursuit l’élu de Côte-d’Or.

Le député du Rhône Bruno Bonnell plaide, lui, pour une plus vaste refondation. « Le changement de tête ne suffira pas. Soit on subit l’effritement de notre majorité, soit on organise le rassemblement autour de trois socles : un centriste avec le MoDem, un pôle social et un pôle libéral. Il nous faut constituer un vrai socle pour 2022. »

Un nouveau patron aussi à la tête du parti présidentiel ?

Le dégagisme pourrait aussi renverser Stanislas Guérini, timide patron de La République en marche. « On ne peut pas continuer comme ça jusqu’en 2022, il nous faut du changement », siffle un cadre du mouvement. Déjà critiqué, le délégué général du parti présidentiel pourrait prendre la porte après la claque des municipales. « Il a démontré son incapacité à nous faire parvenir au succès, on ne peut quand même pas se satisfaire d’avoir obtenu que quelques conseillers municipaux ! Il faut absolument que Guérini parte, y’en a marre ! », s’agace un député LREM.

Si Stanislas Guérini garde encore des soutiens en interne, le nom de Christophe Castaner, très proche d’Emmanuel Macron, revient aussi pour ce poste, qu'il a déjà occupé durant près d'un an. « Il faut quelqu’un de puissant, avec une large notoriété et du charisme. Je verrai bien Casta reprendre le parti, qui sera fondamental pour la préparation de la présidentielle », poursuit ce même parlementaire.

« Après le bivouac, on va retrouver le sens originel d’En Marche : 600 jours de campagne pour faire gagner Emmanuel Macron, s’amuse Bruno Bonnell. Ca pourrait donc bien être "Castaner, le retour". Il sait mener les troupes, et il porte jusque dans son nom l’idée de la castagne. »