Chauffeur de bus tué à Bayonne : Le Pen « désolée » d’avoir relayé la photo d’un présumé « assassin »

POLEMIQUE La présidente du Rassemblement national, qui avait relayé la photo d’un homme étant le présumé assassin du chauffeur de bus de Bayonne, a admis que son community manager avait commis une erreur de rapidité

20 Minutes avec AFP

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Marine Le Pen, le 25 juin à Fréjus.
Marine Le Pen, le 25 juin à Fréjus. — Alain ROBERT/SIPA
  • Marine Le Pen s’est dite jeudi sur France 2 « désolée » d’avoir relayé la photo d’un homme présenté comme l’un des « assassins » du chauffeur de bus à Bayonne.
  • Un homme de 29 ans a porté plainte lundi pour « diffamation » et « dénonciation calomnieuse » après la publication de sa photo sur les réseaux sociaux.
  • La police des polices a été saisie par le parquet pour déterminer l’origine de la fuite de cette photo.

Elle a fait son mea-culpa. Marine Le Pen s’est dite jeudi « désolée » d’avoir relayé la photo d’un homme présenté comme l’un des « assassins » du chauffeur de bus à Bayonne, invitant en revanche les médias à « donner les noms » des « présumés assassins » et des « présumés violeurs ».

« Je suis évidemment désolée pour cet homme qui, s’il est innocent, [s’est] retrouvé dans cette situation. Mais vous, donnez les noms », a déclaré sur France 2 la présidente du Rassemblement national. « Pourquoi est-ce que les médias ne donnent pas les noms des présumés assassins, des présumés violeurs ? », a demandé la dirigeante d’extrême droite.

La police des polices saisie

« Mon community manager a commis une erreur de rapidité » et le message Facebook « a été retiré d’ailleurs immédiatement », a-t-elle fait valoir. Un homme de 29 ans a porté plainte lundi pour « diffamation » et « dénonciation calomnieuse », selon son avocat, après la diffusion d’une photo relayée notamment par Marine Le Pen, le présentant comme l’un des « assassins » du chauffeur de bus victime d’une agression mortelle à Bayonne.

Le parquet de Bayonne a annoncé jeudi avoir ouvert une enquête préliminaire et saisi l’IGPN, la police des polices. Il s’agit de « savoir comment et par qui la photo a fuité et s’est retrouvée diffusée sur les réseaux sociaux », a expliqué à une correspondante de l’AFP le procureur de Bayonne Jérôme Bourrier. Ce cliché, vraisemblablement pris dans les locaux du commissariat de Bayonne pour les besoins d’une affaire antérieure, « est issu d’un fichier TAJ (Traitements d’antécédents judiciaires), accessible à tous les policiers », a-t-il ajouté.

« Récupération et manipulation »

La photo a été largement relayée sur les réseaux sociaux, notamment par des militants et élus du RN. Tous ont, depuis, supprimé leurs tweets. Le portrait de ce jeune Bayonnais avait été diffusé au même titre que le visage d’un des quatre agresseurs présumés, aujourd’hui écroués, un trentenaire soupçonné d’avoir caché les deux auteurs potentiels des coups dans son appartement à Balichon, le quartier de Bayonne où a eu lieu l’agression du chauffeur Philippe Monguillot​ le 5 juillet.

Menacé et insulté depuis, le plaignant n’a de cesse de répéter, dans des vidéos sur le réseau social Snapchat notamment, qu’il n’a « rien à voir avec cette histoire ». « S’il n’avait pas été basané, ça n’aurait jamais été repris, c’est de la récupération politique, de la manipulation totale », s’est insurgé le frère du plaignant.