Le patron des députés LREM, Gilles Le Gendre, est sur le départ

REMANIEMENT Le chef de file des députés En marche a annoncé qu’il allait quitter ses fonctions début septembre

20 Minutes avec AFP

— 

Le député (LREM) Gilles Le Gendre, en avril 2020, à l'Assemblée nationale.
Le député (LREM) Gilles Le Gendre, en avril 2020, à l'Assemblée nationale. — Niviere David-POOL/SIPA

Gilles Le Gendre a annoncé, ce jeudi, qu’il quitterait ses fonctions à la rentrée de septembre. En difficulté après des défections du groupe majoritaire et quelques couacs, le chef de file des députés LREM et ancien journaliste rend son tablier.

Compte tenu du « nouveau chemin » tracé par Emmanuel Macron, « un passage de relais s’impose qui apportera du sang neuf à la tête de notre groupe », écrit le député de Paris aux 280 « marcheurs » dans un courrier qu’a consulté l’AFP et dans lequel il précise prendre « en toute liberté » une décision que « nul ne (lui) impose ».

Castaner ou De Rugy pour lui succéder ?

Les noms de l’ex-ministre de l’Intérieur Christophe Castaner ou de l’ancien ministre de la Transition écologique François de Rugy ont été cités ces derniers temps pour reprendre les rênes.

Né à Neuilly, dans les Hauts-de-Seine, dans une famille catholique, diplômé de Sciences po et du Centre de formation des journalistes de Paris, Gilles Le Gendre a d’abord fait carrière dans la presse économique, puis a assuré la direction de la communication de la Fnac avant de créer des entreprises de conseil.

Il avait succédé en septembre 2018 à Richard Ferrand, devenu président de l’Assemblée nationale, et avait été réélu à la tête du groupe majoritaire dès le premier tour en juillet 2019. Son mandat s’achèvera lors des journées parlementaires LREM des 10 et 11 septembre.

Fuite sur le remaniement ministériel

Agé de 62 ans, Gilles Le Gendre avait été fragilisé, début juin, après la fuite dans la presse d’une « note » à Emmanuel Macron sur un remaniement ministériel, dans laquelle il semblait plaider pour un changement de Premier ministre – alors Edouard Philippe – et proposait un nouveau casting gouvernemental. Mais il s’était défendu devant ses troupes et avait échappé à une sanction de ses pairs.

Les départs au fil de l’eau d’élus du groupe LREM – jusqu’à la formation en mai d’un 9e groupe politique à l’aile gauche, puis d’un 10e à l’aile droite – l’avaient également affaibli en faisant perdre la majorité absolue à LREM.

« Trop intelligents, trop subtils »

Il avait aussi été en butte aux railleries de l’opinion fin 2018, lorsqu’il avait estimé maladroitement qu’exécutif et majorité avaient « probablement été trop intelligents, trop subtils », sur la question du pouvoir d’achat. 

Avec lui, c’est toute l’équipe de direction du groupe, soit quelque 25 députés qu’il avait choisis, qui devra s’en aller. Cette réorganisation pourrait coïncider avec des changements à la tête du parti présidentiel.