Affaire Darmanin : Des parlementaires LREM défendent la présomption d’innocence tandis que Dati dénonce les « pires symboles »

POLEMIQUE Des parlementaires de la majorité défendent la présomption d'innocence pour le nouveau ministre de l'Intérieur 

20 Minutes avec AFP

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Le ministre de l'Intérieur Gerald Darmanin wearing lors de la cérémonie du 14 juillet 2020.
Le ministre de l'Intérieur Gerald Darmanin wearing lors de la cérémonie du 14 juillet 2020. — AFP

Les controverses autour de la nomination de Gérald Darmanin sont loin d’être terminées. Près de 170 parlementaires de la majorité défendent mercredi dans une tribune la présomption d’innocence y compris pour le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, visé par des accusations de viol, une nomination que l’ancienne Garde de Sceaux Rachida Dati dénonce comme les « pires symboles ».

« Bienvenue au ministère du viol »

Les signataires de cette tribune au journal Le Monde soulignent que « le nouveau gouvernement est l’objet d’attaques particulièrement violentes de la part de manifestantes et manifestants qui dénoncent la nomination de deux ministres régaliens », Gérald Darmanin et Eric Dupond-Moretti (Justice), très critique envers le mouvement #MeToo. Emmenés par les députées LREM Alexandra Louis et Anne-Laurence Petel, ils dénoncent des « slogans aussi indignes et diffamants que « Bienvenue au ministère du viol », « Violeurs en prison, pas au gouvernement » ou encore « La culture du viol En marche » ».

Mardi, Emmanuel Macron a dit respecter « l’émoi et la colère » des féministes après l’arrivée au ministère de l’Intérieur de Gérald Darmanin, mais le chef de l'Etat a défendu cette nomination au nom de la présomption d'innocence dont il s'estime le «garant». « Il y a aussi une relation de confiance, d’homme à homme », avait-il souligné.

Opposition entre politiques

Les parlementaires assurent être engagés depuis 2017 « pour faire progresser l’égalité entre les femmes et les hommes et pour lutter contre les violences sexuelles et sexistes », mais plaident qu’il faut avancer sur ces sujets « sans renoncer à ce que nous sommes : un Etat de droit ». « La présomption d’innocence est protégée par notre Constitution, la même qui consacre le principe de l’égalité entre les femmes et les hommes », soulignent-ils, ajoutant que « la vindicte populaire n’est pas la justice ». Parmi les signataires figurent le chef de file des députés LREM Gilles Le Gendre, ainsi que les marcheurs Marie Lebec, Roland Lescure ou encore Aurore Bergé, ainsi que le sénateur LREM Julien Bargeton, Olivier Becht (Agir) ou le MoDem Mohamed Laqhila.

L’ancienne ministre sarkozyste Rachida Dati considère, dans une autre tribune publiée aussi dans Le Monde, qu’Emmanuel Macron, en nommant Gérald Darmanin à ce poste « envoie les pires symboles en considérant qu’une suspicion de viol, de harcèlement et d’abus de confiance ne serait « pas un obstacle » à diriger le pays ». « Quel message adressé aux victimes quand on sait le rôle de la police dans la lutte contre les violences sexistes et sexuelles, notamment dans la réception des plaintes et la conduite des enquêtes ? », demande l’ancienne candidate LR à la mairie de Paris, qui souscrit « aux propos de (la militante féministe) Caroline De Haas quand elle affirme que le seul crime pour lequel on accepte cela est le viol ».

L’ancienne ministre de la Justice rappelle qu'« au début du quinquennat, des ministres ont été congédiés en quelques semaines pour des affaires judiciaires sans être condamnés », dont le chef du MoDem François Bayrou et la députée MoDem Marielle de Sarnez, tous deux mis en examen dans une affaire d’assistants parlementaires européens présumés fictifs. Le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, a affirmé sur France Inter qu’il ne savait « pas s’il y a eu viol ou pas et, évidemment, la présomption d’innocence doit être garantie. Mais ça n’est pas le seul principe en droit pénal, on doit aussi garantir l’équité et l’équilibre entre les parties ». Or « comment voulez-vous qu’il y ait un équilibre entre les parties quand vous en avez un qui devient ministre de l’Intérieur qui va avoir toutes les informations sur une enquête dont il est lui-même partie, et une femme qui est aujourd’hui vilipendée par les soutiens du chef de l’Etat ? », a-t-il demandé.