François Asselineau, accusé d'« agression sexuelle », a été réélu à la tête de l’UPR

PLÉBISCITE Le président et fondateur de l’Union populaire républicaine fait face à une fronde de certains cadres de son parti depuis qu’a été ouverte une enquête pour « harcèlement sexuel » et « agression sexuelle » à son encontre

B.Ch. avec AFP

— 

Fraçois Asselineau le 4 avril 2019 sur France 2.
Fraçois Asselineau le 4 avril 2019 sur France 2. — Jacques Witt/SIPA

Le président de l’Union populaire républicaine  François Asselineau  a été réélu samedi haut la main à la tête du parti souverainiste, lors d’un congrès virtuel convoqué après des accusations et une enquête pour « harcèlement sexuel » et « agression sexuelle ».

La liste du chef de l’UPR, ancien candidat à la présidentielle – 0,92 % des voix en 2017 – et partisan d’une sortie de la France de l’Union européenne et de l’Otan (Frexit), a obtenu la majorité absolue avec 77,7 % des voix exprimées, selon les résultats du scrutin publiés par le parti sur son site.

Une fronde inédite

Le fondateur de l’UPR en 2007 affrontait pour la première fois deux adversaires, dont le chef de file d’opposants Philippe Conte qui réclamait son départ en raison des accusations visant M. Asselineau, et a récolté 17,3 % des voix. Une troisième liste a obtenu 5 %. « La démocratie a parlé », s’est réjoui auprès de l’AFP M. Asselineau, qui aurait préféré que « les débats sur la stratégie du mouvement aient lieu de façon rationnelle et non agressive ».

Il s’est dit par ailleurs « très confiant » sur la suite de la procédure judiciaire le concernant. Philippe Conte a lui annoncé à l’AFP qu’il allait démissionner du parti ainsi que de « nombreux cadres » selon lui, désireux de rejoindre la mouvance autour de la revue « Front populaire » de l’essayiste Michel Onfray.

Deux plaintes et une enquête

François Asselineau avait convoqué ce congrès en urgence après la diffusion en avril, dans la presse et sur les réseaux sociaux, d’accusations de harcèlement sexuel présumé à son encontre.

Deux plaintes ont été déposées par deux victimes présumées et anciens salariés de l’UPR, l’une dans l’Allier, l’autre à Paris, et un ancien cadre a fait un signalement au procureur de la République, selon une source interne au parti, confirmant des informations de Libération, aussitôt qualifiées de « calomnies » par François Asselineau sur son compte Facebook.

Le parquet de Paris a ouvert le 15 mai une enquête préliminaire des chefs de « harcèlement sexuel » et « agression sexuelle », confiée à la Brigade de répression de la délinquance contre la personne.

En attendant la mise en examen

Une quarantaine de cadres du mouvement avaient réclamé la démission de François Asselineau dans une lettre datée du 18 avril et rendue publique par Le Figaro. Ils évoquaient « l’existence de relations particulières et plus qu’insistantes de (la) part » de François Asselineau à l’égard de salariés de l’UPR, « source de graves souffrances psychologiques ».

Après avoir tenté en vain d’obtenir en référé l’annulation du congrès, 85 militants du parti avaient réclamé le 3 juillet que François Asselineau se mette « en retrait » de ses fonctions pendant les procédures judiciaires. « Alors qu’une mise en examen devient de plus en plus probable, organiser dans la précipitation un congrès ressemble à une fuite en avant pour devancer la justice », soutenaient ces militants.

Les frondeurs dénoncent en outre des « problèmes récurrents jamais solutionnés de communication interne, de piètre management, qui écrase les personnes et bride les initiatives ». Ils évoquent aussi de « nombreux départs » de militants, dont le nombre rendu public ne correspond pas à « la réalité du fichier » d’adhésion. L’UPR revendique 39.000 militants, moitié moins selon les opposants.

Samedi, 12.718 militants de l’UPR s’étaient inscrits pour voter.