Gouvernement Castex : Qui est la nouvelle ministre déléguée à l’Insertion Brigitte Klinkert ?

REMANIEMENT La présidente du département du Haut-Rhin, Brigitte Klinkert, a été nommée lundi soir ministre déléguée à l’Insertion

Thibaut Gagnepain et Gilles Varela

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Brigitte Klinkert s'était beaucoup engagée pendnat la crise du covid-19. Comme ici, lors d'une visite à un atelier de confection de masques à Altkirch.
Brigitte Klinkert s'était beaucoup engagée pendnat la crise du covid-19. Comme ici, lors d'une visite à un atelier de confection de masques à Altkirch. — CATHERINE KOHLER/SIPA
  • Après huit ans sans ministre, l’Alsace a envoyé un de ses élus au gouvernement. Lundi soir, Brigitte Klinkert a été nommée ministre déléguée à l’Insertion dans le gouvernement de Jean Castex.
  • Qui est celle qui était jusque-là la présidente du département du Haut-Rhin ? Elle s’est notamment battue pour la naissance de la Collectivité européenne d’Alsace (CEA).
  • « Elle est appréciée pour son travail, son écoute, son ouverture. Elle n’est pas controversée », salue un adversaire politique local.

Huit ans et presque trois mois. Depuis le 10 mai 2012 et le départ de Philippe Richert du gouvernement Fillon III, l’Alsace n’avait plus eu de ministre. Le vide est comblé depuis lundi soir et la nomination de Brigitte Klinkert. Celle qui était jusque-là présidente du département du  Haut-Rhin sera déléguée à l’Insertion auprès de la ministre du Travail et de l’Insertion, Elisabeth Borne.

« C’est un immense honneur. […] Il n’y a pas plus belle mission que de servir son pays et c’est avec beaucoup d’humilité que j’aborde cette nouvelle responsabilité », a réagi la native de Colmar, 64 ans dans quelques jours, après sa nomination dans le gouvernement de Jean Castex. « Au-delà de ma personne, j’y vois un signe de considération du président de la République envers l’Alsace et je suis fière de représenter notre belle Alsace au gouvernement. »

« Une femme d’action »

Cette double référence à sa région n’est pas un hasard dans le discours de Brigitte Klinkert. Elle s’est beaucoup investie dans la construction de la Collectivité européenne d'Alsace (CEA), qui verra le jour le 1er janvier prochain avec des compétences particulières.

« C’est une femme d’action pleinement engagée, notamment sur la CEA, confirme la députée européenne et ancienne maire de Strasbourg, Fabienne Keller. C’est important de pouvoir avoir quelqu’un qui connaisse les procédures et sache boucler les dossiers. » Les deux ont partagé le même parti politique, Les Républicains

« Dans la famille centriste »

Désormais Fabienne Keller est vice-présidente du parti Agir et Brigitte Klinkert s'est éloignée des LR. « Je crois que ça fait un an qu’elle n’a pas payé sa cotisation », révèle Eric Straumann, le député LR de la 1re circonscription du Haut-Rhin. Dont la suppléante n’est autre que… Brigitte Klinkert. « On est vraiment binôme depuis 2012, elle m’a remplacé à la tête du département », ajoute-t-il, évidemment « très content même si ça devenir compliqué politiquement entre nous, vu que je suis dans l’opposition et elle la majorité ».

« Mais ça dépendra de la politique menée », nuance le nouveau maire de Colmar, qui classe la nouvelle ministre déléguée « dans la famille centriste ». « Quand je l’ai connue, elle était plutôt membre de l’UDF, de la mouvance d’Adrien Zeller [l’ancien député UDF, décédé en 2009]. C’est moi qui l’avais ramené chez Les Républicains. Là, elle ne payera plus de cotisation chez nous et basta, on ne va pas la radier ou je ne sais quoi ! »

« Elle n’est pas controversée »

Cette attirance vers le centre de l’échiquier politique, un de ses adversaires politiques la note aussi. « C’est quelqu’un de reconnue en tant que présidente du Haut-Rhin », résume l’élu EELV à Colmar Frédéric Hilbert, qui l’a côtoyée au département. « Elle est appréciée pour son travail, son écoute, son ouverture. Elle n’est pas controversée. »

Son implication pendant l’épisode du Covid-19 a également été saluée. « Elle n’a pas ménagé ses efforts lors de la crise sanitaire qui a durement frappé l’Alsace », écrit ainsi le député de la 5e circonscription du Bas-Rhin, Antoine Herth. « Son talent et son expérience seront précieux au ministère du Travail à l’heure où la France connaît une crise économique et sociale inédite. »

« L’Alsace est brillamment représentée », conclut Fabienne Keller, dont le nom avait été évoqué en 2017 pour intégrer le gouvernement d’Edouard Philippe. Trois ans plus tard, c’est sa voisine haut-rhinoise qui a été appelée auprès de Jean Castex.