Gouvernement Castex : Jean- Michel Blanquer reste à l’Education, mais élargit son spectre

REMANIEMENT Le locataire de la rue de Grenelle est déjà en poste depuis trois ans et pourrait y rester jusqu’à la fin du quinquennat

Delphine Bancaud

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Jean-Michel Blanquer, le 07/05/2020.
Jean-Michel Blanquer, le 07/05/2020. — Eric Dessons/JDD/SIPA
  • Jean-Michel Blanquer a été nommé ministre de l’Education nationale, de la Jeunesse et des sports ce lundi dans le nouveau gouvernement de Jean Castex.
  • Une promotion pour celui qui reste un ministre populaire, malgré sa gestion contestée de l’Education nationale lors de la crise sanitaire.

C’est une nouvelle victoire pour Jean-Michel Blanquer. Non seulement il reste rue de Grenelle, mais il élargit son portefeuille. Il a été nommé ministre de l’Education nationale, de la Jeunesse et des sports ce lundi dans le nouveau gouvernement de Jean Castex. Il sera épaulé dans sa mission par Roxana Maracineanu, jusqu’ici en charge du ministère des Sports, et qui se trouve de fait rétrogradée.

Le signe de la confiance renouvelée d’Emmanuel Macron à l’égard Jean-Michel Blanquer. Et ce, malgré les critiques formulées sur sa gestion du volet de la crise sanitaire. Car il a multiplié les propos hâtifs sur le déconfinement, a été parfois perçu comme un homme tenu à l’écart des décisions relatives à son propre ministère, et a imposé des directives aux chefs d’établissements qui semblaient incompatibles avec certaines réalités de terrain. Pendant cette période, ses relations avec les syndicats d’enseignants se sont considérablement tendues et la communauté éducative lui en a aussi voulu de ne pas avoir condamné assez fermement le « prof bashing » qui a fleuri dans des éditos médiatiques.

Populaire chez les Français

Mais si l’on regarde le verre à moitié plein, Jean-Michel Blanquer peut aussi se targuer d’avoir remis en classe, même pour quelques jours avant la fin de l’été, plus de 80 % des écoliers et 75 % des collégiens. En défiant les critiques et en avançant tête baissée, sûr que l’Histoire lui donnerait raison. Il peut aussi faire valoir certaines mesures fortes depuis son arrivée rue de Grenelle, comme le dédoublement des classes de CP et CE1 dans les quartiers défavorisés, la possibilité pour les communes de repasser à la semaine de quatre jours, l’interdiction du portable au collège, la réforme du bac, l’école obligatoire dès 3 ans…

Pour conserver les bonnes grâces d’Emmanuel Macron, Jean-Michel Blanquer a également su capitaliser sur sa bonne image auprès du grand public, qui apprécie sa vision très claire et volontiers réformiste de l’éducation. D’ailleurs, selon un sondage de l’Ifop pour le JDD publié dimanche, 44 % des Français voulaient voir Jean-Michel Blanquer poursuivre dans le rôle de ministre de l’Education nationale. Une popularité bien installée, même si elle est moins forte chez les Français en âge d’être parents, car seulement 38 % des 25-34 ans et des 35-49 ans voulaient voir Jean-Michel Blanquer reconduit. Sachant que ces derniers ont été mis à l’épreuve pendant le confinement et n’ont pas forcément compris la communication parfois brouillée du ministre sur la reprise de la classe.

La poursuite de son projet éducatif

Impossible, donc, d’exclure du gouvernement le quatrième ministre préféré des Français, selon l’Ifop. Mais si ces derniers jours, les rumeurs faisaient état d’une nomination de Jean-Michel Blanquer à l’Intérieur, il n’en a rien été (c’est finalement Gérald Darmanin qui s’installe Place Beauvau). Sans doute parce que le faire passer du rang des experts issus de la société civile à celui des personnalités politiques capables de changer de maroquin au gré des remaniements était un peu risqué. Le locataire de la rue de Grenelle, déjà en poste depuis trois ans, pourrait finalement y rester jusqu’à la fin du quinquennat. Ce qui serait un record.

Demeurer rue de Grenelle ne sera pas pour autant un long fleuve tranquille pour lui. Car il devra mettre en place des dispositifs à la rentrée pour soutenir les élèves ayant accumulé un retard scolaire les derniers mois. Il devra aussi avancer sur la revalorisation de la rémunération des enseignants et remettre la réforme du lycée sur de bons rails. Mais le fait de piloter la Jeunesse et les Sports va aussi lui donner l’occasion de dérouler son programme éducatif. Car l’une de ses vieilles marottes est de conduire l’école vers un modèle à l’allemande, avec la classe le matin et des activités l’après-midi.