Gouvernement Castex : Le « pragmatique » Julien Denormandie prend les rênes de l’Agriculture

TERRE Celui qui était jusqu’alors ministre du Logement prend la suite de Didier Guillaume

Delphine Bancaud

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Julien Denormandie, le nouveau ministre de l'Agriculture.
Julien Denormandie, le nouveau ministre de l'Agriculture. — Alfonso Jimenez/REX/SIPA
  • Julien Denormandie, qui était jusqu’alors ministre du Logement, a été nommé ministre de l’Agriculture ce lundi dans le nouveau gouvernement de Jean Castex.
  • Ce pragmatique a vite appris les rouages de la politique et est un proche de Macron.
  • Ingénieur agronome de formation, il succède à Didier Guillaume.

Durant ce lundi passé à attendre, son nom a circulé comme potentiel remplaçant de Jean-Michel Blanquer à l’Education Nationale. Mais ce dernier garde finalement son ministère (d’ailleurs élargi), et Julien Denormandie, qui était jusqu’alors au Logement, est nommé ministre de l’Agriculture dans le nouveau gouvernement de Jean Castex.

Une belle promotion à l’aube de ses 40 ans. Et une nouvelle ascension pour celui qui a d’abord été secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Cohésion des territoires en 2017, avant d’occuper un poste de ministre de plein titre en 2018, en accédant au Logement, où il a notamment piloté la loi Denormandie destinée à redynamiser les centres-villes des villes moyennes françaises. Il faut dire que l’homme est un proche du président. Leur complicité ne date pas d’hier, car ils se sont rencontrés en 2014. Et ont même songé un temps à créer une start-up ensemble, avant de travailler tous deux à Bercy, Julien Denormandie devenant directeur adjoint du cabinet d’Emmanuel Macron en 2014. C’est aussi ensemble qu’ils plancheront sur la création d’En Marche !

Des bons points marqués pendant la crise sanitaire

Ingénieur agronome de formation, titulaire d’un MBA en économie, père de quatre enfants, Julien Denormandie est à la fois un pragmatique, mais aussi un homme qui a vite appris les rouages de la politique. Il a toujours su démontrer sa loyauté au président, a su communiquer efficacement dans les médias et a toujours assuré un service après vente efficace de la politique du gouvernement. Un bon élève de la Macronie, mais aussi un ministre technique et rigoureux. Lors de son passage au ministère du Logement, il s’est montré efficace pour mettre en place des dispositifs d’urgence en faveur de mal-logés lors de la crise sanitaire.

Depuis le début du confinement, plus de 20.000 places supplémentaires d’hébergement d’urgence ont ainsi été mises à disposition, dont près de 11.400 réquisitionnées dans des hôtels, pour mettre à l’abri ceux qui étaient « confinés dehors ». Selon le ministre, près de 180.000 personnes ont pu être mises à l’abri par les associations et les services de l’État chaque soir depuis le début de la crise. Une politique payante. Dans toute la France, pendant le confinement, les appels au 115, le numéro d’urgence des SDF, ont chuté de « presque 70 % » par rapport à la même période l’an dernier, selon le directeur général de la Fédération des acteurs de la solidarité, Florent Guéguen. Et la semaine dernière, Julien Denormandie a indiqué qu’il donnerait instruction aux préfets de ne pas procéder à des expulsions locatives « s’il n’y a pas une solution de relogement opérationnelle » d’ici le début de la prochaine trêve hivernale, prévue comme chaque année le 1er novembre. De quoi prouver sa capacité à décider et à dialoguer avec les associations caritatives.

Bien-être animal et Brexit

Rue de Varenne, il va donc prendre la place de Didier Guillaume. Et s’il va laisser de côté l’épineux dossier de la rénovation énergétique, soutenue par la Convention citoyenne pour le climat, le voici confronté à des dossiers « agricoles » pas moins compliqués. Au programme, notamment, la réduction des pesticides, l’application de la loi Egalim, les questions de bien-être animal ou encore la PAC et le Brexit qui se profile à l’horizon…