Gouvernement Castex : Pour Barbara Pompili, fidèle d’Emmanuel Macron, une exposition maximum à la Transition écologique

PROMOTION VERTE Elle devra mettre en œuvre le virage vert du quinquennat

Delphine Bancaud

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Barbara Pompili, le 29/06/2020.
Barbara Pompili, le 29/06/2020. — Jacques Witt/SIPA
  • La composition du nouveau gouvernement, une étape clé dans la tentative d’Emmanuel Macron de relance économique et de son quinquennat, a été dévoilée ce lundi.
  • A 45 ans, Barbara Pompili devient ministre de la Transition écologique. Une consécration pour celle qui fut secrétaire d’Etat chargée de la Biodiversité sous François Hollande.

     

La fidélité en politique, ça rapporte. La force des convictions aussi. Barbara Pompili a été nommée ministre de la Transition écologique ce lundi dans le nouveau gouvernement de Jean Castex. Une consécration pour cette femme de 45 ans qui a déjà un beau parcours politique derrière elle. Actuellement députée de la Somme et présidente de la Commission du développement durable à l’Assemblée nationale, elle a été Secrétaire d’Etat à la biodiversité sous François Hollande. C’est elle qui a fait adopter la loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages. Elle a aussi coprésidée le groupe écologiste à L’Assemblée nationale de 2012 à 2016. Ancienne membre d’Europe-Ecologie Les Verts, elle a quitté le parti et a rallié LREM en 2017.

Sa nomination est aussi une manière pour le président de saluer la loyauté de Barbara Pompili à son égard, car elle a été la première ministre sous François Hollande à apporter son soutien à sa candidature à la présidentielle. Et depuis, elle s’est toujours attiré ses bonnes grâces. En témoigne son récent tweet pour saluer l’action d’Edouard Philippe et adresser ses félicitations à Jean Castex.

Un poste très exposé

En la choisissant, Emmanuel Macron et Jean Castex ont aussi démontré leur volonté de nommer à ce poste une personnalité plus identifiable par le grand public. Car Elisabeth Borne n’imprimait pas dans l’opinion publique. Et le fait qu’elle soit une femme n’est pas non plus anodin, le gouvernement devant faire la part belle à la parité.

Mais la pression sera maximum pour elle, car son ministère sera l’un des plus exposés d’ici à la fin du quinquennat. Comme en témoigne la montée de l’exigence environnementale des Français, matérialisée il y a une semaine par la forte percée des Verts aux municipales, qui ont raflé les mairies de Lyon, Strasbourg, Bordeaux, Poitiers, Besançon ou encore Tours.

« L’écologie, c’est maintenant ou jamais »

Le poids grandissant des questions environnementales dans le débat public impose un virage vert que le gouvernement n’a pas encore su opérer : l’écologie doit désormais infuser dans toutes les politiques du gouvernement et ne plus être saupoudrée. L’écologie n’est « pas une option », mais « une obligation », a d’ailleurs reconnu sur TF1 vendredi Jean Castex, qui veut « accélérer » les décisions, comme la lutte contre les fuites dans les réseaux d’eau, contre l’artificialisation des terres, pour l’isolement thermique, les toitures photovoltaïques ou le bien-être animal. « Le temps est venu de faire un choix franc », a d’ailleurs insisté dimanche l’ex-ministre de l’Ecologie Nicolas Hulot. « L’écologie, c’est maintenant ou jamais », a-t-il martelé.

La pandémie a aussi fait éclater au grand jour notre dépendance aux chaînes d’approvisionnement mondialisées. Le plan de relance de la croissance française devrait donc être placé sous le signe de la transition écologique et énergétique. Le chef de l’Etat a d’ailleurs promis d’injecter « 15 milliards d’euros supplémentaires sur deux ans » pour la conversion écologique de l’économie.

Durer plus que ces prédécesseurs

La nouvelle ministre de la Transition écologique devra aussi mettre en musique les propositions de la Convention citoyenne pour le climat, notamment sur la rénovation énergétique des bâtiments, les aides pour financer l’achat d’un véhicule électrique, un potentiel moratoire sur l’installation des grandes surfaces en périphérie des villes, le soutien aux industries vertes…

Un défi loin d’être évident à relever puisque Barbara Pompili sera la quatrième locataire du ministère de la Transition écologique sous l’ère Macron, après Elisabeth Borne, Nicolas Hulot et François de Rugy. La preuve de la difficulté de l’exécutif à stabiliser ce poste et à donner au ministre en place suffisamment de moyens d’action. « Ce que je veux vraiment, c’est que, quelle que soit l’équipe, la feuille de route et les actes soient là », déclarait-elle sur France info jeudi dernier, lorsqu’elle était interrogée sur le tournant écologique du nouveau gouvernement. Barbara Pompili devra peser au sein du gouvernement et montrer qu’elle sait gagner des batailles.