Municipales à Vitry-sur-Seine: Le maire sortant détrôné par un de ses colistiers

COUP DE THEATRE Pierre Bell-Lloch a conquis le fauteuil de maire en remportant 27 voix sur 53, contre 11 seulement pour Jean-Claude Kennedy

20 Minutes avec AFP

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Echarpe de maire, illustration
Echarpe de maire, illustration — HAMILTON-POOL/SIPA

C’est la surprise à Vitry-sur-Seine. Le maire sortant Jean-Claude Kennedy (PCF) pensait rempiler pour un mandat après avoir mené la liste victorieuse aux municipales : c’est toutefois un de ses colistiers qui s’est imposé samedi, dans cette ville proche de Paris. « Ça ne s’est pas passé comme ça devait… Fait assez rarissime, les électeurs se retrouvent avec un maire qu’ils n’ont pas choisi », a déploré Jean-Claude Kennedy, 68 ans, dont la liste DVG avait recueilli près de 50 % au deuxième tour. Selon lui, son « camarade », issu lui aussi du PCF, a « floué la souveraineté populaire » en se présentant.

C’est donc un simple conseiller municipal, Pierre Bell-Lloch, qui a conquis le fauteuil de maire lors d’un conseil municipal où il a remporté 27 voix sur 53, contre 11 seulement pour Jean-Claude Kennedy, les autres suffrages se répartissant entre Frédéric Bourdon (écologiste, soutenu par LFI) et Alain Afflatet (LR).

Un vote à bulletins secrets

« C’est sans doute la première fois, dans l’histoire de notre pays, qu’un colistier décide de produire un tel acte cinq jours après le suffrage universel », a ajouté le maire sortant, promettant de ne pas en rester là. « L’histoire a montré que les putschs ne s’inscrivent jamais dans la durée ».

Dans la ville la plus peuplée du Val-de-Marne qui a connu des taux d’abstention record aux municipales, le vote du conseil municipal, qui s’est déroulé à la demande de Pierre Bell-Lloch à bulletins secrets, a fait l’effet d’une bombe, y compris au sein de l’opposition. Lors de ce conseil municipal, Frédéric Bourdon a ainsi déploré « un hold-up démocratique », jugeant le nouveau maire « illégitime ».

Un nouveau maire âgé de 42 ans

Après avoir revêtu son écharpe tricolore, le nouvel édile de 42 ans a présenté ses « excuses pour ne pas être parvenu à arriver à un compromis ». « Je suis très conscient de l’émotion et de la stupeur » engendrées et « rien n’est plus difficile que de déchirer sa famille devant vous », a-t-il ajouté. Mais lui et ses soutiens souhaitaient « une équipe forte du renouvellement de la jeunesse et ça nous a été refusé », a argué le quadragénaire, par ailleurs vice-président du conseil départemental. Et d’enfoncer le clou devant la chaise laissée vide par Jean-Claude Kennedy : « Le monde change maintenant à une vitesse grandissante et il nous faut une équipe municipale qui comprenne le changement ».