Elections municipales à Marseille : Martine Vassal dément toute alliance avec le Rassemblement national

TROISIÈME TOUR Après avoir annoncé son retrait au profit de Guy Teissier, l’ex-candidate de la droite affirme qu’elle n’acceptera pas l’élection d’un maire LR avec les voix du Rassemblement national

20 Minutes avec AFP

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Martine Vassal conduisait la liste Les Républicains pour les élections municipales à Marseille.
Martine Vassal conduisait la liste Les Républicains pour les élections municipales à Marseille. — AFP

Martine Vassal (LR), qui a mené la campagne pour la droite à l’élection municipale à Marseille, rejette toute alliance avec le Rassemblement national et demandera, si les voix du RN permettaient d’élire un candidat de son camp, « à ce qu’il démissionne immédiatement ».

« Jamais, il n’y aura la moindre alliance avec le Front National (Rassemblement national aujourd’hui) que nous combattons. Et si ses voix de ses représentants venaient un jour à se porter sur l’un de nos candidats, je demanderai à ce qu’il démissionne immédiatement et n’accepte pas de se maintenir avec ces voix de la honte », a martelé Martine Vassal dans un communiqué publié tard jeudi soir.

Teissier de son côté esquive : « Ce n’est pas écrit sur les bulletins ».

Martine Vassal fragilisée au second tour de l’élection par sa défaite dans son secteur, a annoncé jeudi son retrait pour l’investiture à la mairie qui se jouera samedi lors du conseil municipal en l’absence de majorité absolue à l’issue du second tour. Elle s’est désistée en faveur du député Guy Teissier, 75 ans, issu des rangs de la droite dure. Ce dernier, interrogé jeudi par l’AFP sur la position qu’il adopterait en cas de victoire grâce aux élus RN, a esquivé : « Ce n’est pas écrit sur les bulletins ».

Deux heures seulement après la déclaration de candidature de Guy Teissier, un autre candidat LR à la mairie centrale s’est manifesté : Lionel Royer-Perreaut, qui a remporté la mairie des 9-10e arrondissements. Cet ex-bras droit de M. Teissier a assuré, dans une vidéo postée sur Facebook, qu’il avait connaissance d'« ententes en cours avec le Front national », ce qu’il ne pouvait accepter.

Peu après, le candidat RN à la mairie Stéphane Ravier affichait dans un communiqué sa volonté d’un « Pacte Marseillais nécessaire pour que l’extrême gauche la plus sectaire ne s’abatte pas sur notre ville ».

Muselier et Jacob recadrent

Mme Vassal a réagi vertement, taxant M. Ravier « d’extrémiste », « dont le fonds de commerce est d’exacerber la haine ».

Sur Twitter, Renaud Muselier, président LR de la région Provence-Alpes Côte d'Azur, a assuré : « En démocratie, pour Marseille, toutes les discussions sont souhaitables en vue du rassemblement pour un projet d’avenir. Toutes, sauf une : négocier avec le RN ! »

Dès jeudi, le président des Républicains, Christian Jacob, a lui aussi rappelé qu’il n’était « pas question de faire d’alliance avec le Rassemblement national ».

Samedi, la coalition de gauche emmenée par Michèle Rubirola compte sur 42 voix mais devra se battre pour gagner la majorité face à LR, qui compte aussi sur 42 voix en comptabilisant les voix du dissident Bruno Gilles. Les voix des élus RN (9) et de la sénatrice ex-PS Samia Ghali (8) sont au cœur des tractations.