Remaniement : Qui pour incarner l'écologie au gouvernement ?

CASTING Emmanuel Macron doit faire des annonces sur son futur gouvernement d’ici mercredi

L.C.

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Laurence Tubian et Pascal Canfin.
Laurence Tubian et Pascal Canfin. — Jacques Wiitt /SIPA // ISOPIX/SIPA
  • Un remaniement doit avoir lieu dans les jours à venir, d’ici le 8 juillet selon l’Elysée.
  • Après la percée des Verts aux municipales, il semble qu’Emmanuel Macron souhaite verdir son gouvernement, qui aura notamment la mission de concrétiser les propositions de la Convention citoyenne pour le climat.
  • Les candidats ne sont pas légion, mais 20 Minutes s’est penché sur quelques profils.

La vague verte atteindra-t-elle le gouvernement ? Alors qu’un remaniement ministériel doit avoir lieu d’ici mercredi 8 juillet, selon l’entourage d’ Emmanuel Macron, les spéculations vont bon train sur le futur casting gouvernemental. Il devrait comporter une ou plusieurs figures engagées dans l’ écologie, après les succès électoraux des Verts aux municipales dimanche et les annonces du chef de l’Etat le lendemain devant les membres de la Convention citoyenne pour le climat. Comment et avec qui le président pourrait-il verdir son gouvernement ? 20 Minutes passe en revue les principaux candidats et candidates.

Un grand ministère Vert ? Ou Matignon ?

S’agirait-il de simplement nommer une personnalité écologiste au ministère de la Transition écologique en remplacement d'Elisabeth Borne ? Certains envisagent des marqueurs plus ambitieux, avec un grand ministère rassemblant écologie et agriculture, voire un Premier ministre Vert. « Ça aurait de la gueule ! », estime Nicolas Hulot, ex-ministre d’Emmanuel Macron. Il faut « qu’on ait un ministère de l’Écologie et de l’Agriculture conjoint, qu’il ne soit pas sous la tutelle de Bercy », a-t-il déclaré ce jeudi sur France Info. Le remaniement a son importance, selon lui : « C’est à l’organisation gouvernementale que je verrai si on est en capacité ou pas de mettre en œuvre une transition. »

Quant aux potentiels entrants au gouvernement, le nom de Laurence Tubiana est souvent cité. Elle a piloté l’accord de Paris sur le climat conclu en 2015, et surtout, elle a coprésidé la Convention citoyenne pour le climat, dont Emmanuel Macron a salué lundi les travaux, approuvant la quasi-totalité de ses propositions. Son nom circulait déjà après la démission de Nicolas Hulot, puis celle de François de Rugy.

Deux autres femmes politiques sont également mentionnées : Nathalie Kosciusko-Morizet et Barbara Pompili. La première est issue de la droite et a été ministre de l’Ecologie sous Nicolas Sarkozy, mais elle s’est reconvertie dans le privé et a déménagé à New York en 2018. La seconde est députée La République en marche de la Somme et a l’avantage d’avoir sur son CV une expérience de secrétaire d’Etat chargée de la biodiversité sous François Hollande. Elle a récemment créé un courant écologique interne au sein du parti présidentiel.

Canfin ou une figure de la société civile ?

Pascal Canfin fait lui aussi partie de la « short list », même s'il a dit mercredi ne « pas avoir reçu » d’invitation pour entrer au gouvernement. Il a été membre d’Europe Ecologie-Les Verts, ministre délégué au Développement sous Hollande. En août 2018, il avait dit non à Macron pour remplacer Nicolas Hulot. Mais entre-temps, l’ex directeur général de la fondation pour l’environnement WWF France s’est converti au macronisme : il a été élu eurodéputé LREM en mai 2019 et il préside la Commission du Parlement européen chargée de l’environnement. Interrogé sur France Info pour savoir s’il était disponible pour entrer au gouvernement, ou s’il était trop attaché à son travail de parlementaire européen pour l’envisager, il a répondu : « C’est plutôt le deuxième scénario. »

Quant au très médiatique Daniel Cohn-Bendit, il avait été envisagé comme remplaçant de Nicolas Hulot, en septembre 2018. A l’époque, les deux hommes avaient écarté cette option, d’un commun accord. « Nous avons pris la décision ensemble, avec Emmanuel Macron. Si tu es ministre, tu perds ta personnalité. […] C’est là qu’on s’est mis d’accord, que c’est une fausse bonne idée, c’est une idée séduisante au début », avait déclaré sur LCI l’ancien eurodéputé d’EELV.

Emmanuel Macron pourrait aussi faire appel à une personnalité moins politique, plutôt issue de la société civile, comme le patron de Danone, Emmanuel Faber, ou le directeur de Greenpeace, Jean-François Julliard, toutefois très critique de la politique écologique d’Emmanuel Macron.