Lyon : L’écologiste Bruno Bernard officiellement et facilement élu président de la métropole

ELECTIONS Il a été élu ce jeudi midi lors d’un conseil métropolitain extraordinaire à Lyon et succède ainsi à David Kimelfeld

Elisa Frisullo

— 

Bruno Bernard, ce 2 juillet 2020, lors de son élection à la présidence de la métropole de Lyon.
Bruno Bernard, ce 2 juillet 2020, lors de son élection à la présidence de la métropole de Lyon. — AFP
  • Après sa victoire dimanche à la sortie des urnes, l’écologiste Bruno Bernard a été officiellement élu ce jeudi président de la métropole de Lyon.
  • Seul candidat, il a obtenu 84 voix (sur 150 votants), soit la majorité absolue.

Une pure formalité. Ce jeudi midi, l’écologiste Bruno Bernard a été élu à la tête de la métropole de Lyon, dès le premier tour, à la majorité absolue, lors d’un conseil extraordinaire. Tête de liste EELV pour les métropolitaines, cet entrepreneur de 49 ans a décroché 84 voix en sa faveur (sur 150 conseillers métropolitains votants), soit le nombre exact de suffrages qu’il avait revendiqué dimanche au soir du second tour.

Il a été élu très facilement d’autant qu’il était le seul à briguer la présidence, ce qui n’a pas manqué d’étonner dans l’assemblée. Ni David Kimelfeld, le président sortant, ni le Républicain François-Noël Buffet, qui avait fait alliance avec Gérard Collomb dans l’entre-deux tours, n’ont souhaité candidater face à lui.

« Je veux convaincre »

Arrivé largement en tête dimanche à l’issue des élections, en remportant 9 des 14 circonscriptions, le nouveau président n’a pas pour autant mis de côté la très forte abstention qui a marqué ce scrutin. « Les Français multiplient les signes de défiance vis-à-vis de la parole politique et de l’action publique. Notre territoire n’a pas été épargné par l’abstention. Avec vous, je veux convaincre. Convaincre les habitants du Grand Lyon que c’est ici que nous améliorons leur vie quotidienne. Que c’est ici que nous
construisons leur avenir », a déclaré Bruno Bernard lors de sa première allocution de président, visiblement conscient de la responsabilité des nouveaux élus.

« Depuis dimanche soir, les regards sont tournés vers nous. Vers Bordeaux aussi, Strasbourg, Annecy, Grenoble, Tours, Poitiers, Besançon ou encore Marseille.
Et défiant les pronostics, je n’aperçois aucun char fleuri à l’horizon du Grand Lyon. (…) Les dernières semaines de campagne ont laissé trop la place aux caricatures et pas assez aux projets respectifs ; je n’en garde aucune amertume ni rancune », a-t-il ajouté, promettant désormais des « solutions » et de « l’action ».

Face à la crise d’ampleur qui menace depuis le Covid-19, Bruno Bernard, qui a rappelé en premier lieu sa détermination à « faire face au défi climatique », n’a pas évacué la question économique. « Ensemble nous ferons la démonstration que la transition écologique est compatible avec l’économie, qu’elle est même une opportunité qui redonne du sens à l’économie ». Le nouveau président de la métropole s’est notamment engagé à relancer la commande publique et à soutenir les secteurs qui sont le plus durement touché, le tourisme et la culture notamment.

Un défi écologique et économique

Bruno Bernard a également eu quelques mots emplis de respect en direction du maire sortant de Lyon et ancien président de la métropole. « Cher Gérard Collomb, c’est vous qui avez eu l’idée de cette métropole. C’est vous qui en avez fait la plus opérationnelle de nos collectivités. Un formidable outil de décision et d’action territoriale. Durant plus de quarante ans, vous avez servi Lyon (…) Votre engagement pour notre territoire inspire le plus grand respect vous êtes et resterez dans l’histoire de Lyon ».

Le baron lyonnais a pour sa part rappelé en marge du vote ses « craintes » envers les écologistes. « Je jugerai sur pièces », a dit l’ancien ministre de l’Intérieur, désormais simple conseiller métropolitain et municipal. Après avoir vu Bruno Bernard prendre le fauteuil qu’il a occupé de 2001 à 2017, Gérard Collomb assistera samedi au sacre de Grégory Doucet, qui sera officiellement élu maire dans l’après-midi.