Coronavirus : « Arrêtez de dire que je n’ai rien vu, j’ai tout vu », a clamé Agnès Buzyn devant les députés

LIVE Pendant plus de quatre heures lors de son audition par la Commission d’enquête, Agnès Buzyn a martelé que lors de son départ du ministère elle estimait que tout était mis en place pour que le système de santé soit prêt pour faire face à l’épidémie

J.-L. D. & B.C.

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Agnes Buzyn devant les députés
Agnes Buzyn devant les députés — Jacques Witt/SIPA

L’ESSENTIEL

  • L’ancienne ministre de la Santé, qui avait démissionné de son poste au début de l’épidémie en France, a été interrogée ce mardi par la Commission d’enquête de l’Assemblée nationale.
  • « Arrêtez de dire que je n’ai rien vu, j’ai tout vu. En fonction, je n’ai à aucun moment sous-estimé le risque », a-t-elle dit en rappelant qu’elle avait commandé des masques et déclenché des plans en prévision d’une épidémie.
  • « La gestion du stock ne revient pas à un niveau ministériel. Je n’ai pas pris la décision de la suppression des masques », a-t-elle indiqué, notant qu'elle avait commandé des masques après avoir découvert qu'il en manquait.
  • « C’est la grande leçon de cette crise, c’est d’être à nouveau en capacité de produire et de diversifier » les sources de production de masques, a noté l’ancienne ministre, faisant référence à la production en Chine.

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21 h 16 : « Je ne veux pas refaire l'histoire »

En conclusion d'une audience intéressante mais répétitive, une ultime fois interrogée sur les failles de sa gestion de la crise, Agnès Buzyn soupire et refuse de lister les actions qu'ils aurait fallu entreprendre. 

Brigitte Bourguignon, la présidente de la commission, gronde une dernière fois les députés qui voudraient revenir sur des points déjà abordés. Elle remercie Agnès Buzyn et donne rendez-vous aux députés demain, pour l'audition des anciennes ministres de la Santé Marisol Touraine et Roselyne Bachelot. C'est (enfin) fini pour cette audition, et pour ce live. Merci de nous avoir suivis.

21 h 00 : « La malchance c’est que cette épidémie est partie de Chine, elle serait partie de Thaïlande ça n’aurait pas été la même chose », a indiqué Agnès Buzyn, en référence à la production centralisée des masques en Chine.

20 h 50 : L’ex-ministre de la Santé revient sur l’affaire des masques périmés

Interrogée sur la distribution de masques périmés et leur destruction, Agnès Buzyn explique qu’une agence belge de certification a été sollicitée par Santé publique France sur cette question. Ils n’étaient pas adaptés au niveau des filtres pour les soignants. « Il y a eu une décision de destruction qui a été prise, sur une partie. Une autre question a ensuite été posée à cette agence, mais cette fois-ci pour savoir s’ils étaient suffisamment filtrants pour la population générale », a-t-elle expliqué pour justifier la distribution de masques périmés, notamment dans le Lot.

20 h 35 : 30 nouveaux décès au cours des dernières 24 heures

Pendant l’audition d’Agnès Buzyn par les parlementaires, les chiffres quotidiens de la direction générale de la Santé sur l’impact sanitaire ont été publiés. La France dénombre 30 nouveaux décès supplémentaires liés au Covid-19 au cours des dernières 24 heures, portant le total de victimes à 29.843. La baisse du nombre de patients en réanimation continue à baisser avec 602 malades, soit 17 de moins que la veille. 8.536 personnes restent hospitalisées pour une infection au Covid-19, soit 152 de moins que lundi.

 

20 h 30 : «J’ai mis en place, j’ai commandé [des masques]... Je pars tout est prêt. Je suis partie en campagne en me disant qu’un maire a aussi un rôle à jouer»

20 h 24 : « Je ne peux pas dire aux Français de porter des masques le 23 janvier quand il n’y a pas un seul cas en Europe. Ce que je dis, le jour où il y aura besoin, on le dira. En plus, la doctrine dit que les masques sont pour les gens malades ».

20 h 20 : « La période que je gère est une période de cas importés. Y a pas de virus, on va pas tester 60 millions de personnes. Quand quelqu’un est malade, tout de suite, on identifie les cas. J’avais tellement conscience des clusters et que j’avais demandé à tous les internes de santé publique dès le 30 janvier pour renforcer les agences pour les cas contacts »

20 h 12 : Lors d’une réunion le 30 janvier sur la question des retraites et l’âge pivot, Agnès Buzyn raconte comment elle a dit au Premier ministre, qui venait de parler de sa candidature au Havre : « Si cette épidémie progresse et arrive, si ça se trouve les élections ne pourront pas se tenir. Ce n’était pas une alerte formelle », relève-t-elle.

 

20 h 10 : « C’est la grande leçon de cette crise, c’est d’être à nouveau en capacité de produire et de diversifier » les sources de production de masques, note l’ancienne ministre.

20 h 06 : « Je suis favorable à une agence dédiée aux crises, pas uniquement sanitaires », avance Agnès Buzyn, citant notamment la crise de Lubrizol où il était question de santé, ou encore d’environnement.

20 h 02 : « Je n’ai plus aucun lien avec l’industrie pharmaceutique depuis 2011 », assure l’ancienne ministre interrogée sur le sujet par un parlementaire. Elle indique qu’elle a été en lien avec l’industrie pharmaceutique dans le cadre de ses recherches en qualité d’hématologue « comme tous les spécialistes de la leucémie myéloïde chronique ».

20 h 00 : « Quand la journaliste [du Monde] m’appelle, je suis intimement persuadée que le deuxième tour ne peut pas se tenir », rappelle celle qui était au moment de l’interview n’était plus ministre mais candidate aux élections municipales à Paris.

19 h 50 : Agnès Buzyn s’explique sur le contexte de l’article du journal Le Monde titré « On aurait dû tout arrêter, c’était une mascarade », qui a fait couler beaucoup d'encre. « J’avais passé une journée épouvantable, j’étais fatigué, on m’accusait sur les réseaux sociaux de ne rien avoir préparé. C’est tout le contraire, je me suis battue durant un mois. Tout ça avec la réforme des retraites, la loi bioéthique. Ce que je voulais dire, c’est "arrêtez de dire que je n’ai rien vu, j’ai tout vu" ».

19 h 42 : « Je demande les scénarios possibles le 25 janvier, l’OMS n’a pas encore déclaré l’urgence internationale face à l’épidémie. Je ne peux pas laisser dire que nous n’avons pas anticipé »

19 h 25 : Agnès Buzyn fait état d’un autre courrier, cette fois du 3 octobre, aussi sur l’état des stocks périmés, ainsi que d’une réunion le 9 octobre sur le même sujet, suivie 21 jours plus tard d’une commande de produits pour reconstituer une partie du stock stratégique. « On ne peut pas dire que ce ne soit pas réactif », relève-t-elle.

19 h 20 : « Je n’ai pas connaissance de ce courrier, il ne m’est pas parvenu », indique Agnès Buzyn, interrogée sur la lettre adressée par le directeur de Santé publique France à Jérôme Salomon le 26 septembre 2018 et qui fait état des stocks périmés sur des dizaines de produits, et notamment des masques.

19 h 15 : « Avec le plan urgences nous avons mis des moyens pour rouvrir des lits », indique l’ancienne ministre de la Santé, un plan présenté en septembre 2019.

19 h 10 : «L’information que ce sont les plus âgés qui sont touchés, on le sait fin janvier. Le 14 janvier on est à 50 cas en Chine, on fait une réunion et on sensibilise les établissements hospitaliers et médico-sociaux».

19 h 04 : « Il a fallu 15 jours entre le moment où le test est mis au point à Pasteur et leurs arrivées dans les CHU. Je suis alors dans la détection potentielle de malades pour circonscrire les clusters. Et ça fonctionne à Contamines, 200 enfants sont testés. Les Français rapatriés de Wuhan le 31 janvier, ils sont tous testés »

18 h 56 : « En 2018, il y a l’époque 100 millions de masques. Le directeur général de la Santé demande que l’on recommande 100 millions de masques, mais pas que. On est sur l’idée qu’en 2019 on en ait 200.000 avec l’idée qu’il faut être attentif à la diversification des producteurs. Tout ceci n’aurait pas été un problème si l’épidémie n’était pas partie de Chine »

18 h 50 : « Mon objectif, à partir du moment ou le test est mis en place par l’Institut Pasteur, est de le déployer dans les hôpitaux. Dès début janvier je demande qu’aucun malade en provenance de Wuhan n’aille voir son médecin ou se rende urgences. L’urgence, c’est que les hôpitaux aient des tests pour repérer les cas contacts. Quand je suis partie, l’objectif était que tous hôpitaux français aient des tests. A l’époque on faisait quelques dizaines de test par jour. Quand je suis partie il y avait 12 cas. J’avais anticipé le besoin de tests. »

18 h 43 : « La ministre n’a pas plus connaissance du niveau nécessaire en masques, que d’antidotes en gaz neurotoxique. Je n’ai pas à savoir la quantité, ni disponible, ni nécessaire, des dizaines voire centaines de produits nécessaires à la gestion de crises sanitaires. Ce que je dois m’assurer c’est qu’il y ait une chaîne de commandement, et une doctrine ».

18 h 35 : « Le stock stratégique de masques au Canada, il n’y en a pas. Il est de 37 millions aux Etats-Unis, de 350 millions au Royaume-Uni, en Allemagne pas de stockage centralisé », énumère l’ancienne ministre de la Santé.

18 h 30 : Interrogée par le socialiste Boris Vallaud, Agnès Buzyn évoque la difficulté de recruter des directeurs d’agence, qui n’ont pas vraiment la cote auprès des scientifiques

 

18 h 25 : « En fonction, je n’ai à aucun moment sous-estimé le risque », indique Agnès Buzyn, répétant qu’elle a préparé le système de Santé avant son départ du ministère.

18 h 20 : « Une demande a été faite de vérifier les stocks, la réponse nous est parvenue 18 mois plus tard. Oh surprise, pour beaucoup ils n’étaient pas en état de fonctionner. Et ce n’est pas que les masques ».

18 h 17 : « Vous découvrez en janvier 2020 que les stocks ne sont pas reconstitués », interroge le député Eric Ciotti. 

18 h 15 : « Les stocks stratégiques sont pour beaucoup d’entre eux périmés. En 2018, la liste des choses à acheter est importante. Le DGS demande au directeur général Santé publique France de commander. Cette commande pour reconstituer les stocks., pour moi, elle est de la responsabilité de l’agence »

18 h 13 : « Je quitte le ministère parce qu’il y a un contexte politique, j’estime avoir préparé le système de Santé. L’histoire aura montré que ça ne s’est pas passé »

18 h 10 : « Le 7 février nous donnons l’accord à la DGS pour commander des masques, des solutés, etc. Nous donnons accord pour que des kits soient distribués aux médecins, infirmiers, aux libéraux et aux Ehpad, alors que la pandémie est déclarée le 11 mars, cinq semaines. Vous ne pouvez pas dire que l’on n’a pas été réactif ».

18 h 06 : « C’est discordant » indique l’ex ministre de la Santé lorsque le 24 janvier, Wuhan fait état de 50 cas et qu’en parallèle un hôpital de milliers de lits est construit.

17h59 : « Ce qu’on a mis en place dès le 10 janvier est sans commune mesure avec les autres pays », martèle l’ancienne ministre

17h58 : « Pourquoi quitter le navire si vous aviez connaissance d’un tsunami épidémique ? »

17h55 : « Vous avez eu la bonne inuitition mais sa réalisation est calamatieuse », tacle Damien Abad, député LR et vice-président de la commission

17h53 : « J’assume les décisions des membres de tout mon service »

17h52 : « La gestion du stock ne revient pas à un niveau ministériel. Je n’ai pas pris la décision de la suppression des masques. »

17h51 : « Le poste de directeur de la santé est le plus difficile à prendre et à assumer en France », estime Agnès Buzyn à propos de sa nomination de Jérôme Salomon

17h47 : Sur le nombre faible de commande de masque le 30 janvier

Agnès Buzyn indique qu’elle attendait d’en savoir plus sur les stocks après les remontées de terrain des hôpitaux, information qu’elle dit avoir demandée.

17h46 : « J’ai pris la décision de constituer un stock de masque FFP2 alors que la doctrine de 2011 était de ne plus en avoir »

17h45 : « L’OMS pensait que ce n’était pas une urgence, j’ai même appelé son président pour savoir pourquoi »

17h42 : « Je me suis toujours projeté dans le risque le plus grave que prévoyait l’internationale »

17h39 : « Nous n’avons pas cessé d’agir depuis le 10 janvier »

17h38 : « Quelle a été l’anticipation pour une crise grave ? Et qui a été le pilote de ce début de gestion de crise ? », demande Eric Ciotti

17h36 : Sur la commande dès le 30 janvier, dont s’est défendu Buzyn, Eric Ciotti rappelle qu’elle ne concerne que « 1,1 million de masques », alors que les seuls médecins en nécessite 40 millions par semaine.

17h34 : « On a le sentiment que la prise de conscience fut très lente », tranche Eric Ciotti, qui rappelle que le plan épidémie n’a été déclenché que le 23 février.

17h31 : « La ministre ne gère pas plus les masques que le reste », se défend Agnès Buzyn

17h28 : « Dès le week-end du 24 au 25 janvier, je demande un état sur le stock des masques et je demande d’en commander »

17h25 : « J’ai demandé la recherche d’un protocole sanitaire dès le week-end du 24-25 janvier »

17h21 : « Je pense être la ministre européenne a avoir fait une conférence de presse aussi tôt, le 21 janvier, pour prévenir des risques »

17h19 : « Le 22 janvier, l’OMS annonce une transmission inter-humaine, on comprend qu’il peut y avoir une épidémie, cela change tout. »

17h18 : «11 janvier, j'ai une nouvelle alerte, lorsque la Chine alerte d'un décès. J'ai averti le Premier ministre et le président de la République»

17h17 : « J’ai eu une première alerte en décembre avec un blog anglais, alors que l’alerte a été donnée par la Chine le 31 janvier »

17h15 : « On adapte sa prise de conscience au niveau d’information qu’on a à ce moment-là », se défend Agnès Buzyn sur cette question

« J’ai une expérience des risques sanitaires », rappelle Agnès Buzyn, évoquant « son passé de médecin »

17h13 : Rappel de la commission des propos d’Agnès Buzyn sur un risque très faible d’une épidémie en France lorsqu’elle était au ministère de la Santé

La commission rappelle également que dans une interview au Monde, l’ex-ministre avait au contraire annoncé que lors de sa démission, elle savait que « le tsunami » arrivait en France.

17h11 : L’ancienne ministre rend d’abord hommage aux acteurs en première ligne de la crise, mais aussi aux victimes de l’épidémie

17h08 : La Commission rappelle les deux questionnements d’aujourd’hui, les stocks de masques mais aussi le début de gestion de crise

17h05 : Agnès Buzyn est présente et installée devant la Commission

Bonjour et bienvenue sur ce live. Nous allons suivre en direct la Commission d’enquête de l’Assemblée nationale, qui reçoit ce mardi Agnès Buzyn, ancienne ministre de la Santé au début de l’épidémie de Covid-19 en France et qui sera interrogée sur sa gestion de crise.