Dès le lendemain des municipales, Emmanuel Macron veut reprendre la main

SUITES Le point culminant de la semaine pourrait être le premier remaniement ministériel d’ampleur du quinquennat

20 Minutes avec AFP

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Emmanuel Macron est président de la République depuis mai 2017.
Emmanuel Macron est président de la République depuis mai 2017. — Raphael Lafargue-POOL/SIPA

Le planning est chargé. Dès le lendemain d’élections municipales qui s’annoncent très difficiles pour son parti, Emmanuel Macron compte reprendre la main en enchaînant engagements écologiques et internationaux ainsi qu’un remaniement de grande ampleur, pour remodeler la fin de son quinquennat. Son objectif est de tracer la feuille de route des derniers dix-huit mois « utiles » du quinquennat, sans abandonner les choix libéraux des débuts.

Mais, face à une poussée écolo dans les sondages, en introduisant une inflexion écologique et sociale réclamée par l’aile gauche de son parti. Autre priorité, le plan de relance promis pour la rentrée pour soutenir une économie paralysée par le coronavirus et une décentralisation du pouvoir au profit des préfets de départements, l’échelon qu’il privilégie désormais. « Je suis pour l’Etat départemental », a-t-il récemment affirmé à ses interlocuteurs.

Dès lundi 11 h, rendez-vous avec la Convention citoyenne pour le climat

Tous ces chantiers commenceront dès lundi matin. Vers 11 h, il recevra à l’Elysée les 150 membres de la Convention citoyenne pour le climat, qui lui remettront officiellement leurs 149 propositions. Il leur adressera une « réponse », un discours où il devrait annoncer la reprise de certaines propositions et confirmer son intention d’en soumettre d’autres à un référendum, selon ses proches. Il s’envolera juste après vers le château de Meseberg, au nord de Berlin, pour une rencontre bilatérale avec la chancelière Angela Merkel, suivie d’une conférence de presse lundi soir.

Mardi, le président français fera un aller-retour dans la journée à Nouakchott (Mauritanie) pour un sommet avec les dirigeants du G5 Sahel (Mauritanie, Niger, Tchad, Mali, Burkina Faso), où les 5.000 soldats français combattent les djihadistes aux côtés des forces sahéliennes. Il devrait en saisir l’occasion pour rappeler, y compris aux Français, ses objectifs internationaux. Il aura ensuite la fin de la semaine pour enclencher la « nouvelle ère » de son quinquennat par un remaniement très attendu qui s’annonce de grande ampleur, selon ses proches. Le nouveau gouvernement pourrait être annoncé jeudi ou vendredi, même si le président peut prendre quelques jours supplémentaires.

Philippe or not Philippe ?

Choix le plus délicat : va-t-il remplacer ou non son Premier ministre Edouard Philippe ? Cet allié solide serait difficile à remplacer et son maintien reste une hypothèse crédible, selon des proches de l’exécutif. Mais le garder à la tête du gouvernement rendrait moins crédible l’idée d’un virage politique. Pour « incarner » sa nouvelle stratégie, Emmanuel Macron pourrait créer quelques « super-ministères », à l’image de ses nouvelles priorités.

Il pourrait en profiter pour créer la surprise en faisant entrer des personnalités prestigieuses de la société civile. Parmi les noms qui circulent figurent la professeure Laurence Tubiana, ex-ambassadrice pour la COP21 et présidente de la Fondation européenne pour le climat, ainsi que le procureur François Molins, évoqué pour l’Ecologie et la Justice. Il pourrait aussi faire appel à l’eurodéputé LREM Pascal Canfin.

Il pourrait octroyer à de jeunes ministres comme Gérald Darmanin ou Sébastien Lecornu des grands ministères, l’un tourné vers les affaires sociales, l’autre vers les territoires. Sans oublier ses proches, comme Jean-Michel Blanquer, pressenti pour un cumul de l’Education et de la Culture. Emmanuel Macron, s’il consulte tous azimuts, ne laisse rien filtrer de ses intentions et tout reste ouvert, avant un discours décrit comme refondateur attendu courant juillet, où il donnera la feuille de route jusqu’à la présidentielle de 2022.