Affaires: Eric Ciotti va déposer une proposition de loi pour supprimer le Parquet national financier

JUSTICE Le député LR regrette que la justice soit « aujourd’hui touchée par le poison du soupçon de la politisation »

20 Minutes avec AFP

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Le député LR Eric Ciotti à l’Assemblée nationale, le 12 mai 2020.
Le député LR Eric Ciotti à l’Assemblée nationale, le 12 mai 2020. — Eliot Blondet-POOL/SIPA

Le Parquet national financier va-t-il survivre sous sa forme actuelle aux vives polémiques qui le secouent ? Une nouvelle charge contre l’institution vient d’être lancée par le député LR Eric Ciotti. Dans un entretien au Journal du Dimanche, celui-ci déclare vouloir déposer lundi une « proposition de loi pour supprimer le PNF ».

« Une juridiction d’exception »

« Ce parquet qui se voulait exceptionnel est devenu une juridiction d’exception », déclare dans cet entretien le député, regrettant que la justice soit « aujourd’hui touchée par le poison du soupçon de la politisation ». Il faut dire que les dernières révélations dans des dossiers concernant Nicolas Sarkozy ou François Fillon et les déclarations de l’ex-cheffe du PNF laissent planer le doute sur l’indépendance de la Justice. « Ce qu’ont subi François Fillon et Nicolas Sarkozy n’est pas conforme à l’idée que je me fais d’une justice équitable, totalement indépendante des pressions et du contexte politique », regrette Eric Ciotti.

Entendue le 10 juin par la commission d’enquête parlementaire sur l’indépendance de la justice, Éliane Houlette – l’ex-cheffe du PNF partie à la retraite fin juin 2019 – s’était émue du « contrôle très étroit » qu’aurait exercé le parquet général, son autorité de tutelle directe, dans la conduite des investigations dans le dossier Fillon. Le PNF a également été accusé d’indulgence après qu’une enquête pour conflit d’intérêts visant le secrétaire général de l’Elysée Alexis Kohler a été classée sans suite en août 2019.

Enfin, la troisième affaire concerne, elle, Nicolas Sarkozy. En février 2014, le PNF a demandé d’éplucher les factures téléphoniques d’une dizaine de ténors du barreau pour trouver la « taupe » qui aurait pu informer l’ancien président et son avocat Thierry Herzog qu’ils étaient sur écoutes dans une autre affaire.