Esclavage : Le Maire refuse de débaptiser le bâtiment Colbert à Bercy en pleine polémique mémorielle

HISTOIRE Le ministre des Finances a rejeté la proposition de débaptiser le bâtiment Colbert alors que plusieurs voix s’élèvent pour une réflexion autour des noms de rues, quartiers, bâtiments qui rappelle notre passé colonial

20 Minutes avec AFP
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Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire le 10 juin 2020 à Paris.
Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire le 10 juin 2020 à Paris. — AFP

Le ministre des Finances, Bruno Le Maire, a rejeté catégoriquement lundi la proposition de l’ancien Premier ministre Jean-Marc Ayrault de débaptiser le bâtiment de Bercy qui porte le nom de Jean-Baptiste Colbert.

« Il continuera de s’appeler le bâtiment Colbert », a affirmé le ministre sur France Info, interrogé sur la proposition de Jean-Marc Ayrault de rebaptiser une salle Colbert à l’Assemblée nationale ainsi que le bâtiment de Bercy qui abrite l’hôtel des ministres. Ministre de Louis XIV, Colbert est considéré comme à l’initiative en 1685 du Code noir, qui a légiféré l' esclavage dans les colonies françaises.

Le ministre a rappelé que Colbert était décédé en 1683, deux années avant la publication du Code noir. « Ce n’est pas lui qui l’a rédigé. Cela arrive à la toute fin de sa vie », a-t-il affirmé.

Nouvelle polémique mémorielle

Dans le sillage des manifestations américaines antiracistes, les monuments et statues liés à l’histoire coloniale française ou à la traite négrière se retrouvent à nouveau au centre d’une polémique mémorielle. « Nous ne déboulonnerons pas les statues comme l’a dit le président de la République et nous ne débaptiserons pas les bâtiments officiels », a poursuivi Bruno Le Maire, en allusion à la déclaration de la veille d'Emmanuel Macron.

« S’agissant de Colbert, je reconnais bien volontiers que ce n’est pas un personnage très sympathique », a-t-il affirmé. Mais Colbert, « c’est la Compagnie des Indes, la restructuration de l’industrie, la manufacture des Gobelins, la remise en état des Finances », a-t-il rappelé. « Je me souviens de cette grande année de l’histoire de France, qui est l’année 1661. Mazarin meurt et il dit au roi : « Sire, je vous dois tout, mais je crois m’acquitter auprès de Sa Majesté en lui laissant Colbert », a rappelé l’actuel ministre des Finances.