Après sa note secrète sur le remaniement du gouvernement, Gilles Le Gendre fragilisé à la tête du groupe LREM

POLITIQUE Des députés LREM n’ont pas hésité à clasher leur chef de file ces derniers jours

B.C. avec AFP

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Gilles Legendre, le patron des députés La Republique en marche (LREM), et Stanislas Guerini, délégué général de LREM, ici à l'Assemblée nationale. (Illustration)
Gilles Legendre, le patron des députés La Republique en marche (LREM), et Stanislas Guerini, délégué général de LREM, ici à l'Assemblée nationale. (Illustration) — LUDOVIC MARIN-POOL/SIPA

Un peu comme on compose une équipe de football pour le prochain match à venir, Gilles Le Gendre, le patron des députés LREM, aurait décidé de faire sa liste pour le futur gouvernement. Le Maire serait à Matignon malgré un « faible charisme », Castaner à la Défense, Le Drian à l’Intérieur et le revenant Manuel Valls aux Affaires étrangères.

Ce casting, selon des notes que s’est procurées l'hebdomadaire Marianne, le député de Paris l’a présenté fin mai au président de la République, d’après le magazine. Des échanges qui sont d’usage mais qui n’ont pas manqué de soulever une vague de critiques.

L’idée de changer de Premier ministre, un Edouard Philippe qui se révèle plutôt populaire, passe plutôt mal auprès de certains députés marcheurs.

Réunion de groupe mardi

Au point que certains ont vivement clashé leur chef de file à l’Assemblée nationale, à l’image de Bruno Questel, élu de l’Eure, qui s’est fendu d’un tweet lapidaire, jugeant « insupportables » ces propositions de distribution de postes. Ce dernier verrait un autre changement de tête, mais cette fois à la tête des députés LREM.

« Nous découvrons que Gilles Le Gendre veut donc remplacer tout le gouvernement (….). Je ne doute pas qu’il s’en expliquera devant les députés », renchérit Aurore Bergé, proche du Premier ministre.

Si dans un message adressé à ses collègues Gilles Le Gendre souligne que l’article de Marianne comporte « de nombreuses contre-vérités et interprétations tendancieuses dont chacun pourra comprendre les intentions politiques », la réunion de groupe de ce mardi risque toutefois d’être fort agitée.

Cette polémique intervient dans un contexte déjà tendu pour LREM, qui a perdu 14 députés en mai avec la constitution d’un 9e groupe à l’aile gauche, Ecologie démocratie solidarité, puis d’un dixième groupe sur son aile droite, Agir ensemble, qui reste dans la majorité. Alors qu’ils étaient 314 en début de législature, les marcheurs et apparentés ne sont plus que 281 aujourd’hui à l’Assemblée. De quoi fragiliser encore un peu plus leur chef de file.