Hauts-de-France : Le second tour des municipales peut réserver des surprises

POLITIQUE « 20 Minutes » a sélectionné quatre communes de la région dans lesquelles l’élection municipale est loin d’être jouée

Mikaël Libert

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Le second tour des municipales aura lieu le 28 juin (illustration).
Le second tour des municipales aura lieu le 28 juin (illustration). — M.Libert / 20 Minutes
  • Le second tour des élections municipales doit se dérouler le 28 juin prochain.
  • Le dernier délai pour déposer une liste était fixé à mardi soir.
  • 20 Minutes fait un focus sur quatre villes des Hauts-de-France où rien n’est joué.

Aux urnes citoyens. On le sait désormais, le second tour des élections municipales se déroulera le 28 juin prochain. Après une pause de plus de trois mois en raison de l’épidémie de coronavirus, les électeurs devront donc retourner dans l’isoloir dans les villes où les candidats n’ont pas su se départager le 15 mars dernier. 20 Minutes fait le point sur la situation dans quatre communes des Hauts-de-France où tout peut encore arriver.

Brigitte Fouré en danger à Amiens

Le dernier délai pour déposer en préfecture sa candidature en vue du second tour de l’élection municipale était fixé à mardi soir. Administrativement, les jeux sont donc faits. Il reste un peu plus de trois semaines aux candidats pour convaincre les électeurs de voter pour eux. A Amiens, dans la Somme, la maire sortante, Brigitte Fouré (UDI), est clairement en danger. Créditée de moins de 30 % lors du premier tour, elle est talonnée par la liste divers gauche « Amiens c’est l’tien » menée par Julien Pradat (25,5 %). Arrivé en 3e position avec 11,06 %, le candidat sans étiquette Renaud Deschamps s’est maintenu. Tout se jouera donc avec d’éventuels reports de voix des cinq autres listes présentes au premier tour. Le candidat écologiste, Christophe Porquier (9,75 %), n’a donné aucune consigne de vote.

Appel au barrage au RN à Bruay

Bruay-la-Buissière, dans le Pas-de-Calais, est une des communes dans lesquelles le Rassemblement national (RN) est arrivé en tête le 15 mars dernier. Avec ses 38,56 %, le candidat de l’ex-Front national, Ludovic Pajot, avait une petite avance sur Bernard Cailliau (sans étiquette – 34,48 %). Ce dernier n’a cependant conclu aucune alliance d’entre deux tours et repart avec la même liste. Il devrait largement bénéficier du report de voix du maire sortant, Olivier Switaj, arrivé 3e avec 22,1 %, qui a décidé de se retirer « pour faire barrage au RN. »

Affaire de famille à Hautmont

A Hautmont, dans le Nord, la singularité de deux des candidats avait déjà fait l’objet d’un article dans 20 Minutes. Le maire sortant, Joël Wilmotte (LR), est opposé à son propre fils, Stéphane (DVD). A l’issue du premier tour, le père était ressorti premier avec 46,76 % à presque dix points de son fils (37,46 %). Et l’ambiance est plutôt tendue entre les deux. En pleine épidémie, la mairie d’Hautmont a en effet refusé un lot de protections contre le coronavirus donné par Stéphane Wilmotte. Arrivé troisième et qualifié pour le second tour, le candidat de la France insoumise (LFI), Anthony Larroque, a décidé de rallier Stéphane Wilmotte. Grâce aux plus de 15 % de son nouvel allié, le fils peut espérer succéder à son père.

Abbeville « gagnable » par le RN ?

Les électeurs abbevillois auront, le 28 juin, le choix entre pas moins de quatre candidats. Dans cette commune, où le maire sortant Nicolas Dumont ne se représentait pas, le poulain de ce dernier, Aurélien Dovergne (LREM – 28,54 %), n’est pourtant pas favori. Il a été devancé de peu par Pascal Demarthe (UDI – 31,23). Dans le même mouchoir de poche, Angelo Tonolli (DVG) pointe en 3e position avec un peu plus de 20 %. Le Rassemblement national se maintient aussi pour un second tour avec 14,39 % des voix. Les écarts sont si faibles qu’une quadrangulaire pourrait bien profiter au RN qui classait d’ailleurs Abbeville parmi les villes « gagnables ».