Municipales 2020 dans le Grand Est : Quels sont les enjeux du 2e tour à Nancy, Metz, Mulhouse et Colmar ?

ELECTION Coups de théâtre à Colmar, duels serrés à Metz ou Nancy... Tour d'horizon dans les villes du Grand Est avant le 2e tour des municipales

Thibaut Gagnepain

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Dans un bureau de vote à Strasbourg, le 15 mars 2020 (illustration)
Dans un bureau de vote à Strasbourg, le 15 mars 2020 (illustration) — G. Varela / 20 Minutes
  • Depuis mardi soir, l’ensemble des candidats au 2e tour des élections municipales est connu.
  • Dans le Grand Est, seules deux des principales villes connaissent déjà leur maire : Reims et Troyes. Dans les autres, il faudra donc revoter.
  • Quelles seront les forces en présence à Metz, Nancy, Colmar, Châlons-en-Champagne, Illkirch ou Mulhouse ? On décrypte tout ça.

Les Rémois et les Troyens peuvent réserver leur week-end. Le dimanche 28 juin, ils n’iront pas voter. Chez eux, les élections municipales se sont réglées dès le 1er tour avec les reconductions respectives d’Arnaud Robinet (66.32% des voix) et de François Baroin (66.78 %). Deux exceptions parmi les principales villes du Grand Est. Tour d’horizon des forces en présence avant le 2e tour.

A Metz, « ça va être très serré »

Dans la capitale mosellane , il y aura trois candidats au 2e tour. Mais celui-ci devrait se résumer à un duel gauche-droite. D’un côté, le socialiste Xavier Bouvet (24,97 %), soutenu par le maire sortant Dominique Gros ainsi qu’écologistes et communistes. De l’autre, le sénateur Les Républicains François Grosdidier (29,76 %). Ce dernier a choisi de fusionner avec l’ancienne référente départementale LREM, Béatrice Agamennone (6,19 %). « Elle avait déjà été en discussion avec Bouvet mais il avait décidé de reconduire la même liste », éclaire un connaisseur du contexte local. « Grosdidier lui a offert la deuxième place car il veut renouer avec l’image de marque de centre-droit écologiste qui a longtemps fait les maires à Metz. » De quoi promettre une belle empoignade fin juin, dont la représentante du Rassemblement National, Françoise Grolet (11,79 %), ne devrait être qu’un témoin à distance. « Ça va être très serré. Bouvet a le vent en poupe mais Grosdidier a de solides réseaux pour attirer les votes communautaires », assure notre observateur.

A Mulhouse, Rottner joue gros

Son métier de médecin urgentiste aidant, la crise du coronavirus lui a donné une dimension nationale. Le président de la région Grand Est, Jean Rottner, sera encore en première ligne lors du 2e tour des municipales. Maire de Mulhouse de 2010 à 2017, il forme cette fois un duo avec sa successeure, Michèle Lutz. La paire était arrivée en tête mi-mars, avec 33,66 % des voix. Fin juin, elle sera engagée dans une quadrangulaire. Face au Vert Loïc Minery (21,96 %), qui s’est allié à la France Insoumise et au PCF, face aussi à la candidate du Rassemblement National Christelle Ritz (12,07 %) ou encore face à Lara Million (20,13 %). Cette dernière, candidate non adossée à un parti politique, a modifié sa liste pendant l’entre-deux-tours en faisant alliance avec Fatima Jenn, qui avait obtenu 7,94 % des suffrages. De quoi modifier l’équilibre du 1er tour ?

Nancy va-t-elle passer à gauche ?

Le maire sortant et président du Mouvement radical Laurent Hénart (34,70 %) semble mal parti à Nancy. « Il a beaucoup de souci à se faire », confirme une source locale. Pourquoi ? Car l’alliance signée entre le socialiste Mathieu Klein (37,88 %) et l’écologiste Laurent Watrin (10,24 %) semble dessiner un boulevard à cette union de la gauche. « Surtout qu’Hénart a plus ou moins été lâché par André Rossinot, le président de la métropole », ajoute notre spécialiste qui voit « d’une manière mécanique et automatique » Mathieu Klein l’emporter fin juin. L’actuel président du conseil départemental de Meurthe-et-Moselle devrait alors choisir entre ses deux mandats.

Colmar : la vie sans Meyer

Omniprésent, omnipotent pour certains, Gilbert Meyer dirigeait Colmar depuis 1995. Il a brusquement quitté la scène mardi, non sans bruit. Affaibli par des ennuis de santé et face aux dissensions dans son propre camp, l’édile a décidé de… retirer sa liste ! De quoi ouvrir une voie royale à son principal adversaire, Eric Strautmann. Le député Les Républicains avait remporté leur duel de droite au 1er tour, avec 37,45 % des suffrages contre 32,46 % pour Gilbert Meyer. Face à lui le 28 juin, l' écologiste Frédéric Hilbert (15,23 %) part avec un retard considérable.

Illkirch évite la pentagulaire

La quatrième ville du Bas-Rhin aurait pu être un cas rare en France. A l’issue du 1er tour, cinq candidats y avaient obtenu plus de 10 %. De quoi laisser présager d’une pentagulaire ? Finalement, ils ne seront « que » quatre au 2e tour. En tête le 15 mars, le maire socialiste sortant Claude Froehly (31,06 %) a obtenu le renfort de son actuel adjoint, l’écologiste Richard Hamm (11,77 %). A droite, les deux candidats Thibaud Philipps (27,36 %) et Rémy Beaujeux (11,80 %) sont restés chacun de leur côté, tout comme Pascale Gendrault (17,97 %) de l’autre côté de l’échiquier. Cette dernière n’avait pas traîné : dès le 16 mars, elle avait redéposé sa liste !

A Châlons-en-Champagne, Apparu y est presque

Dans la deuxième ville de la Marne, le maire sortant Benoist Apparu n’avait pas été loin de l’emporter dès le 1er tour (46,03 %). Il partira donc largement favori de la quadrangulaire qui l’opposera au socialiste Rudy Namur (25,55 %), à Alan Pierrejean (divers, 15,43 %) et au communiste Dominique Vatel (12,97 %). Ancien ministre du logement (2009-2012), Benoist Apparu brigue un deuxième mandat.